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Crans-Montana : Un drame annoncé par des années de négligences sécuritaires

par Sylvain Tronchet
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Cinq jours après l’incendie mortel du bar Constellation à Crans-Montana, les premières investigations révèlent un inquiétant faisceau de défaillances. L’absence de contrôles obligatoires et la condamnation d’issues de secours dessinent le tableau d’une catastrophe qui aurait pu être évitée, mettant en lumière des responsabilités partagées.

Lors d’une conférence de presse tenue ce 6 janvier, le président de la commune suisse, visiblement mal à l’aise, a reconnu des manquements graves. Il a notamment admis que les vérifications périodiques de sécurité incendie n’avaient pas été réalisées depuis 2020, un fait qu’il a qualifié d’« amèrement regrettable ». Il a également indiqué ignorer l’usage d’objets pyrotechniques dans l’établissement et souligné l’absence de système d’alarme. Pointant du doigt les gérants, il a dénoncé « une culture de risque inconsidérée ».

Des images exclusives, filmées avant la tragédie, montrent la configuration des lieux. Au fond d’un étroit couloir du sous-sol, une porte signalée comme issue de secours apparaît. Pourtant, de nombreux témoins affirment que cette porte est restée fermée lors de la panique du réveillon. Un ancien employé du bar confirme sous couvert d’anonymat : « Elle était condamnée. On l’ouvrait vers l’intérieur, pas vers l’extérieur, et c’était aussi pour empêcher les clients de partir sans régler l’addition. »

La reconstitution des lieux suggère qu’un unique escalier, large d’à peine plus d’un mètre, constituait la seule voie d’évacuation possible face aux flammes. D’autres portes ne menaient qu’à des pièces sans issue.

L’élément déclencheur de l’incendie, une mousse pyrotechnique, n’était soumis à aucun contrôle réglementaire, malgré des alertes anciennes. Une vidéo datant de cinq ans montrait déjà un serveur exprimant ses craintes quant aux risques d’accident. L’avocat représentant les familles des victimes a martelé : « Le problème était connu depuis des années. Le risque a été identifié… et accepté. C’est cela qui révolte profondément les proches. »

De leur côté, les gérants français de l’établissement ont fait parvenir un communiqué exprimant leur désarroi et affirmant leur pleine coopération avec la justice. L’enquête se poursuit pour déterminer l’ensemble des circonstances et des responsabilités dans ce drame qui a coûté la vie à neuf personnes.

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