Alors qu’elle attend son deuxième enfant, une parlementaire de La France insoumise se voit contrainte de suspendre l’essentiel de ses fonctions pour plusieurs mois. Son suppléant ne peut en effet pas siéger en son absence, une règle qu’elle juge profondément inadaptée et discriminante.
Ce cas met en lumière une disposition du règlement de l’Assemblée nationale qui interdit le remplacement d’un député ou d’une députée partant en congé maternité. L’élue concernée ne pourra que déléguer son droit de vote pour certains scrutins, la privant ainsi de l’intégralité de son travail en commission, de ses interventions et de son rôle de représentation. Une situation qui, selon elle, relève d’un autre temps et pénalise directement les femmes en politique.
« Comment peut-on sérieusement encourager la parité tout en maintenant des règles qui obligent les élues à choisir entre leur mandat et leur vie de famille ? », s’interroge-t-on dans son entourage. Cette configuration institutionnelle pourrait, à terme, dissuader des candidates potentielles et fausser les équilibres démocratiques, dans un hémicycle où les majorités sont souvent ténues.
Ce n’est pas un cas isolé. Récemment, une autre élue a dû quitter précipitamment une séance faute de solution de garde, illustrant les difficultés concrètes auxquelles sont confrontées les jeunes mères au Palais-Bourbon. Face à ce constat, un groupe de députés de gauche a déposé une proposition de loi visant à autoriser le remplacement en cas de naissance ou de longue maladie. Ils soulignent l’incohérence d’un système qui permet à un suppléant de prendre la place d’un ministre, mais pas celle d’un parent.
Les défenseurs de cette réforme font valoir un argument d’équité et de modernité. Si les institutions veulent refléter la société et attirer des profils diversifiés, elles doivent, estiment-ils, s’adapter aux réalités de la vie. Le débat dépasse les clivages partisans et pose une question simple : la politique française est-elle prête à entrer dans le XXIe siècle en accordant aux élues les mêmes droits qu’aux autres travailleuses ?