accueil Faits diversCondamnation à 18 ans de prison pour le meurtre d’un nonagénaire lyonnais

Condamnation à 18 ans de prison pour le meurtre d’un nonagénaire lyonnais

par Sylvain Tronchet
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Un homme de 55 ans a été condamné jeudi à 18 années de réclusion criminelle pour avoir précipité son voisin du 17e étage d’un immeuble lyonnais en 2022. La cour d’assises du Rhône a prononcé cette peine après trois jours de débats centrés sur la question des motivations du meurtrier.

La victime, âgée de 89 ans, était de confession juive. L’accusé, Rachid Kheniche, a reconnu les faits, évoquant un « coup de nerfs » suite à une dispute au motif obscur. En revanche, la cour n’a pas retenu la circonstance aggravante de meurtre commis en raison de la religion, que l’accusé a constamment niée.

Les jurés, suivant les réquisitions du parquet, ont estimé que le discernement de l’auteur des faits était altéré au moment des événements, en raison de « difficultés psychiques » attestées par des expertises. Cette altération a conduit à une atténuation de sa responsabilité pénale. La présidence de la cour a toutefois souligné avoir pris en compte « les circonstances terribles » d’un crime qui a consisté à « jeter un homme encore en vie » du haut d’un bâtiment.

La peine de 18 ans de prison est assortie d’une période de sûreté des deux tiers et d’un suivi socio-judiciaire de six ans. Durant son procès, l’accusé, décrit comme une personne instable et isolée, consommateur de stupéfiants, a insisté sur l’amitié qui le liait à la victime, affirmant que ce dernier l’avait « aidé à découvrir le judaïsme ». Il a attribué son geste à une « maladie » diagnostiquée durant sa détention provisoire, des experts ayant évoqué des troubles psychiatriques de type paranoïaque.

Concernant le mobile antisémite, l’avocate générale avait rappelé en réquisitoire que la loi exige, pour le retenir, des faits concomitants au crime. Des publications antérieures de l’accusé sur les réseaux sociaux, datant de 2020 et utilisant un vocabulaire complotiste, n’ont donc pas été considérées comme des éléments suffisants pour établir ce mobile au moment des faits.

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