La détermination est de fer. Malgré les intempéries et les interdictions préfectorales, des convois d’agriculteurs affiliés à la Coordination rurale ont entamé, dans la nuit de mercredi à jeudi, une progression résolue vers la capitale. Leur objectif : faire entendre, au plus près des lieux symboliques du pouvoir, un profond mécontentement qui ne faiblit pas.
Dès les premières heures, des dizaines d’engins agricoles ont franchi les portes sud de Paris. Certains ont même réussi à atteindre des points emblématiques comme la Tour Eiffel ou les abords de l’Arc de Triomphe, où un tracteur arborait un message sans équivoque sur sa pelle : « France ! Veux-tu encore de tes paysans ? ». Les forces de l’ordre, présentes en nombre, ont maintenu un dispositif de surveillance imposant, immobilisant plusieurs véhicules.
« On avait dit qu’on monterait à Paris, on y arrive », a déclaré un responsable syndical local, illustrant l’état d’esprit d’un mouvement qui se veut pacifique mais déterminé. Les manifestants contestent notamment l’accord commercial entre l’Union européenne et les pays du Mercosur, ainsi que la gestion gouvernementale d’une récente épizootie bovine.
Cette action, qui se veut distincte des mobilisations nationales appelées par d’autres syndicats, s’accompagne de blocages locaux. En Gironde, l’accès à un dépôt de carburant a ainsi été barré par une quarantaine d’engins. « ON NE CRÈVERA PAS EN SILENCE », pouvait-on lire sur les réseaux sociaux des organisateurs, appelant à un renfort de tracteurs et de soutien.
Si les autorités ont délimité des périmètres interdits autour des institutions gouvernementales et des sites sensibles, la volonté des agriculteurs de se faire voir et entendre dans les rues de Paris semble, pour cette journée, être passée outre. Le cortège, bien que partiellement filtré, poursuit sa lente progression, incarnant une colère rurale qui roule droit sur la ville.