Le gouvernement a dévoilé une série d’ajustements de dernière heure afin de rallier une majorité parlementaire et d’éviter le rejet de son projet de finances pour l’année 2026. Ces propositions interviennent après des jours de négociations tendues avec l’opposition, notamment le Parti socialiste, qui avait posé des conditions pour ne pas engager de motion de censure.
L’exécutif s’est engagé sur un objectif de réduction du déficit public, visant à le ramener à 5% du PIB cette année, contre 5,4% l’an dernier. Pour y parvenir, une compression significative des dépenses ministérielles est annoncée. Pour la première fois, ces dépenses en valeur courante devraient être inférieures à celles de l’exercice précédent, marquant un tournant dans la gestion budgétaire. Certains portefeuilles, considérés comme prioritaires, seront toutefois préservés de ces coupes, comme ceux de la Défense, de l’Éducation nationale ou de la Justice. Les collectivités territoriales seront également mises à contribution pour plusieurs milliards d’euros.
Sur le front fiscal, l’équipe au pouvoir a réaffirmé sa ligne : aucune hausse d’impôt direct ou indirect ne pèsera sur les ménages. Le barème de l’impôt sur le revenu sera intégralement indexé sur l’inflation, épargnant ainsi plusieurs centaines de milliers de foyers d’une entrée dans l’assiette imposable. Le traitement fiscal des retraités, via l’abattement de 10%, ne sera pas modifié. En revanche, une hausse substantielle de la prime d’activité, d’environ 50 euros mensuels, est prévue pour soutenir les travailleurs aux revenus les plus modestes.
Le volet social voit plusieurs garanties être confirmées. Les allocations destinées aux personnes en situation de handicap seront sanctuarisées, tout comme le montant des bourses étudiantes. Une mesure concrète pour la vie étudiante sera l’instauration, dès le mois de mai, d’un repas à un euro dans les restaurants universitaires.
La crise du logement fait l’objet d’un plan spécifique, combinant des actions d’urgence et des réformes structurelles. Le gouvernement renonce notamment à l’idée controversée d’une « année blanche » pour les aides personnalisées au logement (APL). Pour stimuler l’offre, les moyens des bailleurs sociaux seront renforcés de 400 millions d’euros, tandis qu’un nouveau statut de bailleur privé sera créé pour relancer l’investissement locatif. Le budget du dispositif MaPrimeRénov’ sera, quant à lui, maintenu à son niveau actuel.
Concernant les entreprises, les allègements de charges existants ne seront pas remis en cause, une ligne défendue au nom de la préservation de la compétitivité et de l’emploi. L’attention se porte désormais sur le sort de la contribution exceptionnelle sur les bénéfices des grandes sociétés. Alors qu’un amendement visant à en augmenter le rendement a été rejeté, la possibilité de sa reconduction, sous une forme à préciser, reste sur la table. Cette perspective suscite l’inquiétude des représentants du patronat, qui dénoncent un signal négatif pour l’investissement. Les entreprises de taille intermédiaire devraient, selon les dernières indications, en être exemptées.
Ces arbitrages finaux dessinent les contours du budget qui sera soumis aux parlementaires dans les prochains jours, dans un climat politique toujours aussi incertain quant à son adoption définitive.