La recherche d’un compromis budgétaire pour 2026 s’annonce périlleuse pour l’exécutif. Une réunion de concertation organisée en urgence ce mardi à Bercy par les ministres Amélie de Montchalin et Roland Lescure a été marquée par l’absence significative des groupes communiste (GDR) et écologiste, venant s’ajouter à la non-invitation de La France insoumise (LFI). Seul le Parti socialiste a répondu présent à cette tentative de dialogue, laissant le gouvernement face à un isolement politique prononcé sur sa gauche.
Les écologistes, par la voix de leur présidente de groupe Cyrielle Chatelain, ont justifié leur boycott en dénonçant un projet de finances publiques aux conséquences « catastrophiques ». Ils pointent du doigt un abandon de la transition écologique, un affaiblissement de l’école publique et une asphyxie financière des collectivités territoriales. « Ce ne sont pas des réunions à Bercy qui remplaceront le travail parlementaire », ont-ils asséné, promettant de poursuivre leur combat en commission et dans l’hémicycle.
Du côté des communistes, la défiance est tout aussi ferme. Le groupe GDR, présidé par Stéphane Peu, refuse de « donner le change » en participant à des discussions qui, selon lui, visent à créer l’illusion d’un consensus responsable autour d’un budget inacceptable. Cette position de principe rejette toute idée de marchandage avec la majorité présidentielle.
Ces absences concertées ont été saluées par Jean-Luc Mélenchon. L’ancien député et figure de LFI s’est dit « heureux » de ce front du refus, un sentiment partagé par son mouvement, dont le coordinateur Manuel Bompard a estimé que « la gauche n’a rien à faire dans une grande coalition » avec la droite et les macronistes.
L’objectif affiché du gouvernement, « rapprocher les positions » pour « construire des compromis » et éviter un budget géré par ordonnances, semble dès lors compromis. Les discussions butent sur des points d’achoppement majeurs, tels que la réforme de l’impôt sur le revenu, la taxation des holdings ou la surtaxe sur les sociétés. Même avec le Parti socialiste, un accord paraît fragile, le groupe ayant indiqué qu’il ne voterait pas le texte, se limitant au mieux à une abstention.
Face à cette impasse, l’horizon se réduit à deux options peu enviables pour l’exécutif : soit trouver un terrain d’entente étroit avec la droite des Républicains, soit recourir, en dernier ressort, à l’article 49.3 pour faire passer le budget sans vote. L’examen parlementaire, qui doit s’achever autour du 19 janvier, promet d’être houleux et incertain.