accueil PolitiqueBournazel règle ses comptes avec Dati et dessine les contours d’une bataille parisienne à trois

Bournazel règle ses comptes avec Dati et dessine les contours d’une bataille parisienne à trois

par Fabien Jannic-Cherbonnel
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À l’approche des municipales de 2026, la campagne pour Paris prend un tour personnel et acerbe. Dans un ouvrage à paraître, Pierre-Yves Bournazel, candidat soutenu par Horizons et Renaissance, livre une charge violente contre Rachida Dati, présentée comme sa principale rivale à droite.

L’élu, crédité d’environ 14 % des intentions de vote au premier tour, ne mâche pas ses mots. Il décrit son ancienne collaboratrice, lorsqu’il était son porte-parole au ministère de la Justice, comme une personnalité en « état d’ébriété narcissique ». Leur collaboration, selon lui, n’aurait été qu’un « enchaînement d’ordres et de contre-ordres », une « mission suicide » ou une « belle galère ».

Le livre révèle des anecdotes cinglantes. Bournazel y raconte une relation marquée par « le fiel et la menace », évoquant des conversations décousues où la ministre de l’époque mêlait appels téléphoniques, anecdotes sur Nicolas Sarkozy et commentaires décoratifs. L’accumulation vise à peindre le portrait d’une candidate jugée versatile et autoritaire.

L’attaque ne s’arrête pas au passé récent. Bournazel affirme que lors des législatives de 2022, dans le 18ᵉ arrondissement, Rachida Dati aurait incité par téléphone des habitants à voter pour le candidat de La France Insoumise, Aymeric Caron, plutôt que pour lui. Une accusation qui, si elle était avérée, illustrerait la profondeur de l’animosité entre les deux figures de la droite parisienne.

Ces révélations éclairent la stratégie du candidat. En ciblant spécifiquement Dati, tout en épargnant – voire en complimentant – la maire sortante Anne Hidalgo pour sa « combativité » et sa « ténacité », Bournazel semble vouloir se positionner en arbitre et en alternative. Son objectif est clair : grignoter l’électorat de droite au premier tour pour se maintenir au second et peser dans les négociations.

La bataille de Paris s’annonce donc comme un triangle conflictuel. D’un côté, une gauche unie derrière Emmanuel Grégoire. De l’autre, une droite divisée entre la ligne portée par Rachida Dati et le projet centriste et personnel de Pierre-Yves Bournazel. Avec ce livre, ce dernier lance les hostilités et laisse peu de doute : à Paris, le chemin vers l’Hôtel de Ville passera par une guerre interne à la droite, dont il compte bien être le bénéficiaire.

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