Le géant hôtelier français Accor se trouve sous le feu des projecteurs après la publication d’un rapport accablant par le fonds spéculatif Grizzly. Ce document, rendu public jeudi, accuse la multinationale d’avoir, dans plusieurs pays, toléré voire facilité des activités liées à la traite d’êtres humains et à l’exploitation sexuelle d’enfants. Face à ces allégations d’une extrême gravité, le groupe a réagi avec célérité et fermeté, rejetant catégoriquement toute implication.
L’impact sur les marchés financiers a été immédiat et significatif. À l’annonce de ces révélations, l’action Accor a connu une chute vertigineuse, perdant plus de 10% de sa valeur en cours de séance. Malgré un léger rebond en fin de journée, le titre a clôturé avec une baisse de près de 6%, reflétant l’inquiétude des investisseurs face à la tournure des événements.
Dans un communiqué officiel, la direction d’Accor a vivement contesté les conclusions du rapport. Le groupe affirme « démentir avec la plus grande fermeté toute participation à une exploitation systémique présumée en lien avec la traite d’êtres humains ou d’enfants ». Pour faire la lumière sur ces accusations, Accor a annoncé le lancement sans délai d’une enquête interne approfondie, confiée à un cabinet externe indépendant. L’entreprise s’est engagée à rendre publiques les conclusions de ces investigations.
Le rapport de Grizzly avance des affirmations particulièrement choquantes. Il soutient notamment que 18 établissements Accor en Russie auraient accepté d’héberger des orphelins ukrainiens dans le cadre de procédures d’adoption par des familles russes. Le document ajoute que des hôtels auraient explicitement assuré à des enquêteurs que des informations sensibles n’étaient pas transmises au siège parisien du groupe. Plus largement, des établissements dans plus d’une vingtaine de pays seraient concernés par des réservations évoquant des abus sexuels sur mineurs.
Le fonds spéculatif évoque également des liens présumés avec des affaires judiciaires retentissantes du passé, mentionnant des réservations de Jeffrey Epstein dans des hôtels du groupe et citant des éléments liés à l’affaire Strauss-Kahn. Accor répond que ces allégations n’établissent « en aucune manière » de connexion entre le groupe et Jeffrey Epstein. La direction assure que si certaines accusations venaient à être vérifiées, toutes les mesures nécessaires seraient prises, n’excluant pas le recours à des actions en justice.
Cette crise survient à un moment crucial pour le groupe, qui doit désormais gérer une tempête médiatique et financière tout en tentant de préserver sa réputation. L’industrie hôtelière internationale observe avec attention les développements de cette affaire, dont les ramifications pourraient s’avérer considérables.