accueil SociétéLe bioéthanol, une bouffée d’air pour les automobilistes face à la flambée des prix

Le bioéthanol, une bouffée d’air pour les automobilistes face à la flambée des prix

par Lionel Feuerstein
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Alors que les prix à la pompe s’emballent, une alternative résiste et maintient son cap : le bioéthanol. À un tarif oscillant autour de 75 centimes le litre, ce carburant, principalement issu de ressources végétales, offre un répit bienvenu face au gazole qui dépasse les 2,30 euros et à l’essence au-dessus de la barre des 2 euros.

La clé de cette stabilité réside dans sa composition. Peu sensible aux soubresauts des marchés pétroliers et bénéficiant d’une fiscalité allégée, le E85 séduit de plus en plus. Les demandes d’installation de boîtiers de conversion, nécessaires pour adapter la plupart des véhicules essence, ont littéralement explosé. Un grand distributeur rapporte ainsi une multiplication par trois des ventes sur le seul mois de mars.

« Nous vivons une seconde vague, similaire à celle de 2018 », constate un garagiste installateur dans le Tarn-et-Garonne. « C’est la solution accessible pour réaliser des économies substantielles, et les automobilistes le comprennent rapidement. » L’investissement initial, compris entre 700 et 1200 euros, est amorti en moins de 15 000 kilomètres malgré une surconsommation estimée entre 15 et 25%.

Les utilisateurs en témoignent. Hélène, qui roule avec une Ford Fiesta adaptée, ne cache pas sa satisfaction : « Faire le plein de mon réservoir de 35 litres pour moins de 20 euros, c’est un soulagement. » Même avec une autonomie légèrement réduite par rapport à l’essence, le calcul économique reste largement à son avantage.

Si Ford demeure l’un des rares constructeurs à proposer en série des motorisations compatibles, les experts estiment que plus de 90% du parc essence peut être converti. Un entrepreneur du secteur, dont la société a équipé plusieurs centaines de milliers de véhicules, observe une demande record lors de chaque crise énergétique. « Même avec la surconsommation, le prix au litre reste imbattable », affirme-t-il.

Au-delà de l’argument économique, le bioéthanol est également mis en avant pour son bilan environnemental plus favorable, avec une réduction des émissions de particules et de gaz à effet de serre. La filière reconnaît toutefois des défis à relever, comme l’optimisation des sources de production, qui pourrait par exemple s’appuyer davantage sur des déchets agricoles.

Face à l’instabilité géopolitique qui pèse sur les cours du pétrole, cette solution apparaît pour beaucoup comme une parade pragmatique. « C’est un moyen simple de se protéger des fluctuations », résume un professionnel, tout en regrettant le manque d’engagement plus marqué des pouvoirs publics et des grands constructeurs. Dans l’attente, ce sont peut-être les conducteurs, lassés de voir leurs budgets carburant s’envoler, qui impulseront le changement.

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