Une nouvelle étape vient d’être franchie pour améliorer la sécurité des réseaux de tramways en France. Un décret, publié fin décembre et autorisé par une loi du printemps 2025, permet désormais l’installation expérimentale de caméras frontales à l’avant des rames.
Cette mesure, qui s’appliquera jusqu’à l’été 2028, vise à répondre à un enjeu de sécurité concret. L’année dernière, les collisions impliquant des tramways ont causé des dizaines de victimes, faisant notamment une dizaine de morts. L’intégration de ces véhicules dans le trafic urbain, où ils partagent l’espace avec les piétons, les cyclistes et les automobilistes, génère en effet des risques spécifiques.
Le dispositif, qui pourra concerner plus de 80 lignes et près de 1700 rames, a reçu le feu vert des autorités compétentes en matière de protection des données. Son usage sera strictement encadré : les images collectées ne pourront servir qu’à la prévention des accidents, à l’analyse des incidents et à la formation des conducteurs. Pour préserver la vie privée, l’angle de vue des caméras est limité à 60 degrés, évitant ainsi de filmer l’intérieur des habitations riveraines.
L’objectif est double. D’une part, ces enregistrements permettront de mieux comprendre les circonstances des accidents, en identifiant les causes récurrentes et les points de conflit. D’autre part, ils constitueront un outil pédagogique précieux pour les chauffeurs, en leur offrant un retour concret sur les situations rencontrées au quotidien.
À l’issue de cette phase de test, un bilan détaillé sera dressé et transmis au Parlement avant la fin de l’année 2027. Cette évaluation déterminera si le dispositif, présenté comme un outil au service de la sécurité, sera pérennisé et généralisé sur l’ensemble du réseau national de tramways, qui transporte chaque année plus d’un milliard de passagers.