Un violent incendie a embrasé un établissement de nuit dans la station huppée de Crans-Montana, en Suisse, dans la nuit de la Saint-Sylvestre, provoquant l’une des plus graves catastrophes de ces dernières décennies dans le pays. Le bilan, encore provisoire, est lourd : une quarantaine de personnes ont perdu la vie et une centaine d’autres ont été blessées, dont beaucoup grièvement.
Le sinistre s’est déclaré peu après 1h30 du matin au sein du bar « Le Constellation », un lieu prisé des fêtards pour le réveillon. Des témoins évoquent une scène de panique indescriptible, avec des flammes qui se sont propagées à une vitesse foudroyante, piégeant de nombreuses personnes à l’intérieur. Les images diffusées dans la foulée montrent un bâtiment complètement ravagé, plongé dans une obscurité à peine trouée par les gyrophares des secours.
Les services d’urgence, déployés massivement avec des renforts venus de plusieurs cantons, ont mené une course contre la montre tout au long de la journée de jeudi. Treize hélicoptères et une quarantaine d’ambulances ont été mobilisés pour évacuer les victimes vers les hôpitaux de la région, dont celui de Sion, placé en situation de « tension extrême ». Les autorités sanitaires ont dû faire appel à la solidarité internationale, plusieurs pays européens, dont la France, l’Allemagne et l’Italie, se tenant prêts à accueillir des grands brûlés.
La composition internationale de la clientèle de la station, située près de la frontière italienne, se reflète dans la nationalité des victimes. Le Quai d’Orsay a confirmé que neuf ressortissants français étaient blessés, tandis que huit autres restaient introuvables dans la soirée de jeudi. Une quinzaine d’Italiens figurent également parmi les blessés hospitalisés. Le processus d’identification des disparus, complexe et douloureux, pourrait prendre plusieurs jours, ont prévenu les enquêteurs.
Face à l’ampleur du choc, les autorités du Valais ont décrété l’état de « situation extraordinaire » et ont ouvert une cellule d’aide psychologique ainsi qu’une ligne téléphonique dédiée pour les familles et les témoins traumatisés.
Si les causes exactes du drame font l’objet d’une instruction judiciaire ouverte pour « incendie », les premières investigations semblent écarter toute piste criminelle. Les procureurs privilégient la thèse d’un départ de feu accidentel à l’intérieur du bar, qui aurait provoqué une déflagration et un embrasement généralisé de l’atmosphère en quelques instants. Des analyses sont en cours, notamment sur des téléphones portables retrouvés sur les lieux, qui pourraient apporter des éclairages cruciaux.
La communauté de Crans-Montana et l’ensemble de la Suisse sont plongés dans le deuil et la stupeur après cette tragédie qui a brutalement assombri les festivités du passage à la nouvelle année.