La réaction du président français à la destitution du dirigeant vénézuélien a provoqué un vif clivage politique au sein de l’Hexagone. Alors que l’Élysée a salué la fin d’un régime qualifié de dictatorial, une partie de la classe politique fustige un alignement sur Washington et une entorse au droit international.
Le chef de l’État a estimé que le peuple vénézuélien se trouvait « libéré » d’un pouvoir ayant « confisqué le pouvoir et piétiné les libertés fondamentales ». Cette prise de position a immédiatement reçu l’approbation publique de l’ancien président américain, Donald Trump, sur les réseaux sociaux.
Cependant, cette position a suscité une levée de boucliers à gauche. Les principaux leaders de l’opposition de gauche ont dénoncé une « honte » pour la France, accusant le pouvoir exécutif de se comporter en « vassal » des États-Unis et d’abandonner les principes de souveraineté et de non-ingérence. Une manifestation a d’ailleurs rassemblé plusieurs centaines de personnes à Paris pour réclamer le retour de l’ancien président.
La réaction officielle de la France avait pourtant été initialement plus nuancée, par la voix du ministre des Affaires étrangères. Ce dernier avait rappelé que toute solution politique devait émaner de la volonté du peuple concerné et non être imposée de l’extérieur, pointant une opération contraire au droit international.
Le président français, lui, a choisi de mettre en avant l’avenir, plaidant pour une « transition pacifique et démocratique » respectant la volonté des Vénézuéliens, et appelant à une passation rapide des pouvoirs vers l’opposition démocratique.
Cette affaire a contraint de nombreux responsables politiques à un exercice d’équilibre délicat. Plusieurs figures, tout en condamnant fermement l’ancien régime de Caracas, ont exprimé leur inquiétude face à un précédent dangereux où la force brute l’emporte sur le droit. Ils y voient le signe d’un monde où la loi du plus fort prévaut, appelant l’Europe à se renforcer pour ne pas rester un spectateur impuissant.
D’autres, à l’extrême droite, ont rappelé que si le régime de Maduro était condamnable, le principe de souveraineté nationale était sacro-saint et non négociable, mettant en garde contre les conséquences à long terme d’une telle ingérence.
L’épisode révèle ainsi les profondes fractures de la politique française sur la scène internationale, entre réalignement atlantiste, attachement aux principes de souveraineté et dénonciation des régimes autoritaires.