accueil PolitiqueVenezuela : le silence français face à l’audace américaine révèle une diplomatie en pleine confusion

Venezuela : le silence français face à l’audace américaine révèle une diplomatie en pleine confusion

par Fabien Jannic-Cherbonnel
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L’annonce de l’intervention militaire américaine ayant conduit à la capture du président vénézuélien Nicolás Maduro a provoqué un séisme géopolitique. Alors que Donald Trump a célébré l’opération et suggéré son application ailleurs, les réactions internationales se scrutent, notamment celle de la France, jugée pour le moins ambiguë.

L’analyse des spécialistes met en lumière une position française déconcertante. La déclaration d’Emmanuel Macron, tardive et focalisée sur la nécessité d’une transition politique sans condamner explicitement la violation de la souveraineté, a suscité incompréhension et critiques. Elle contraste fortement avec la réaction plus ferme d’autres figures politiques françaises qui ont dénoncé un acte de « braconnage » international, rappelant l’opposition de la France à la guerre en Irak en 2003.

Cette divergence illustre une fracture plus profonde au sein de la classe politique française sur la posture à adopter dans un monde en reconfiguration. D’un côté, certains restent attachés au vieux paradigme atlantiste, hésitant à rompre avec Washington malgré ses écarts. De l’autre, une voix appelle à une réinvention de la diplomatie française, ancrée dans une Europe puissance et fermement attachée au droit international.

L’expertise pointe un danger majeur : l’analyse des relations internationales avec des grilles de lecture dépassées. Évoquer un simple « retour de la force » ou des « zones d’influence » serait utiliser des « lunettes cassées ». La réalité est nouvelle : il s’agit d’une exhibition de puissance brute, délibérément détachée de toute norme juridique ou valeur, dont l’objectif est avant tout la démonstration de force.

Cette opération, présentée sous le prétexte de la lutte antidrogue, ignore superbement le sort des millions de Vénézuéliens. L’histoire récente, de l’Irak à la Libye, démontre pourtant que de telles interventions déstabilisatrices plongent les pays dans le chaos pour des décennies, sans perspective de sortie de crise.

Le silence relatif de Paris face à cette transgression majeure interroge. Traduit-il une impuissance, une complaisance ou une profonde confusion stratégique ? Une chose est certaine : l’événement vénézuélien agit comme un révélateur cru des tensions qui traversent la politique étrangère française, tiraillée entre ses principes affichés et ses réflexes hérités d’un monde révolu.

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