accueil Faits diversIncendie de Crans-Montana : L’ombre du doute plane sur les normes de sécurité

Incendie de Crans-Montana : L’ombre du doute plane sur les normes de sécurité

par Sylvain Tronchet
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L’enquête sur l’incendie tragique survenu dans l’établissement Constellation à Crans-Montana se concentre désormais sur de sérieuses interrogations concernant le respect des réglementations de sécurité. Alors que les gérants affirment que des contrôles réguliers n’avaient relevé aucune anomalie, des voix s’élèvent pour contester cette version.

Les procureurs ont retenu une accusation d’homicide par négligence à l’encontre du couple dirigeant l’établissement. Une divergence fondamentale apparaît concernant la fréquence des vérifications obligatoires. Si la direction évoque un contrôle triennal, l’avocat représentant plusieurs familles de victimes soutient que la loi exige un examen annuel, particulièrement pour un site accueillant du public. « La question qui se pose est de savoir pourquoi, dans un tel contexte, les responsabilités ne sont pas plus fermement établies », a-t-il déclaré.

Les investigations ont mis en lumière des aménagements potentiellement problématiques. Une rénovation en 2015 avait transformé le sous-sol en discothèque. Bien que deux issues de secours soient officiellement répertoriées, les enquêteurs suisses indiquent que l’une d’elles, une porte donnant sur l’extérieur, était obstruée par un fumoir et mal signalée. Le mystère demeure quant à son impossibilité d’ouverture lors du sinistre, un point vivement critiqué par les autorités italiennes, plusieurs de leurs ressortissants ayant péri dans les flammes.

Un élément technique retient particulièrement l’attention des experts : une mousse acoustique recouvrant plafond et murs. Un ancien employé aurait, cinq ans plus tôt, alerté sur ses risques inflammables. Un expert en sécurité incendie interrogé sur le sujet a souligné qu’un matériau conforme aux normes en vigueur ne devrait pas s’enflammer aisément. « Un revêtement réglementaire résiste à une source d’ignition courante », a-t-il précisé.

Parallèlement, la justice examine la légalité de la présence de nombreux mineurs sur les lieux au moment du drame. Les proches des gérants ont fait part de leur profonde détresse et de leur volonté de collaborer avec les autorités. La présomption d’innocence reste de mise pour les mis en cause, tandis que l’enquête judiciaire suit son cours pour déterminer l’ensemble des circonstances ayant conduit à cette catastrophe.

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