accueil Faits diversIncendie de Crans-Montana : les graves manquements aux normes de sécurité au cœur de l’enquête

Incendie de Crans-Montana : les graves manquements aux normes de sécurité au cœur de l’enquête

par Sylvain Tronchet
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Les investigations se poursuivent après le terrible incendie qui a ravagé une discothèque à Crans-Montana, en Suisse. L’attention des enquêteurs se porte désormais sur de possibles graves défaillances dans le respect des règles de sécurité, tandis que les gérants de l’établissement font face à des accusations d’homicide par négligence.

Les propriétaires du lieu, le Constellation, avaient affirmé que des contrôles réguliers avaient été effectués, le dernier ayant eu lieu sans qu’aucune anomalie ne soit relevée. Ces déclarations sont vivement contestées par l’avocat représentant plusieurs familles des victimes, qui souligne que la réglementation exige des vérifications annuelles, et non triennales. Il s’interroge publiquement sur les raisons pour lesquelles les responsables n’ont pas été placés en détention provisoire, compte tenu de la gravité des faits et du nombre élevé de jeunes victimes.

L’enquête technique a mis en lumière plusieurs éléments préoccupants. Lors de travaux de transformation en discothèque réalisés il y a plusieurs années, une seconde issue de secours avait bien été aménagée. Cependant, les premiers éléments indiquent qu’elle était rendue pratiquement invisible, dissimulée derrière un équipement, et sans signalisation adéquate. De plus, il est établi que cette porte n’a pas pu être utilisée pour évacuer lors du sinistre, pour des raisons qui restent à déterminer. Les autorités italiennes, dont plusieurs ressortissants figurent parmi les blessés et les disparus, ont d’ores et déjà pointé ces déficiences.

Un autre point critique examiné par les experts concerne les matériaux utilisés pour l’insonorisation de la boîte de nuit. Une mousse spéciale recouvrant les murs et le plafond est au centre des interrogations. Un ancien employé avait, selon des sources proches du dossier, alerté il y a plusieurs années sur les risques d’inflammabilité. Un expert en sécurité incendie interrogé explique qu’un matériau conforme aux normes en vigueur ne peut pas s’enflammer aussi facilement.

Parallèlement, la justice cherche à établir si la présence de nombreux mineurs dans l’établissement cette nuit-là était autorisée par la loi. Les gérants, décrits comme profondément affectés par la tragédie, se disent prêts à collaborer pleinement avec les enquêteurs. Ils bénéficient, à ce stade des procédures, de la présomption d’innocence.

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