La qualification est acquise, mais la satisfaction n’est pas totale. L’équipe nationale marocaine, portée par ses supporters et le statut de pays hôte, s’est frayé un chemin jusqu’en quarts de finale de la Coupe d’Afrique des Nations. La victoire, arrachée 1-0 face à une sélection tanzanienne résolue, assure aux Lions de l’Atlas un choc contre le Cameroun vendredi prochain. Pourtant, l’ambiance au stade Moulay Abdellah de Rabat trahissait une certaine frustration, l’enthousiasme étant tempéré par une prestation jugée trop laborieuse.
L’unique but du match, signé Brahim Diaz en seconde période, a certes débloqué la situation et offert le succès. L’attaquant confirme sa forme flamboyante avec un quatrième but en autant de matches dans la compétition. Mais pour de nombreux observateurs, le résultat ne suffit pas à masquer les imperfections. L’attente est plus grande, notamment en matière de spectacle. « La victoire est là, c’est le principal. Mais on sent qu’il manque cette étincelle, ce jeu fluide et offensif qu’on est en droit d’attendre », confie un supporter présent dans l’enceinte, écho d’un sentiment partagé par une partie du public.
Cette performance contrastée relance le débat sur l’identité de jeu de la sélection dirigée par Walid Regragui. Face aux critiques concernant le manque de spectacle, le sélectionneur assume pleinement une philosophie pragmatique. Pour lui, dans le contexte d’une phase à élimination directe, l’esthétique passe au second plan. « L’objectif premier, c’est la qualification. Nous avons su être solides et gagner ce match comme le font les grandes équipes dans ces moments décisifs. Être en quarts, c’est la seule chose qui compte », a-t-il déclaré, balayant d’un revers de main les reproches.
Le technicien puise même dans l’histoire du football pour étayer sa vision, évoquant le parcours victorieux mais parfois ardu de l’équipe de France lors de son sacre mondial en 1998. Un parallèle destiné à rappeler que la route vers la gloire est souvent semée de victoires imparfaites.
Cette approche, aussi efficace soit-elle, ne comble pas entièrement l’aspiration des supporters à voir leur équipe briller par son football. Elle permet néanmoins au Maroc de rester en course pour un titre continental que le pays n’a plus remporté depuis 1976. Le rêve d’un second sacre est toujours vivant, même s’il avance, pour l’instant, au rythme d’une machine bien huilée plutôt qu’au son d’une symphonie footballistique. Le véritable test, et peut-être l’occasion de convaincre pleinement, aura lieu face aux Lions indomptables du Cameroun.