Dans une décision marquante, les autorités françaises ont annoncé la suspension immédiate des importations de plusieurs fruits et légumes en provenance de l’étranger lorsqu’ils ont été traités avec cinq pesticides spécifiques, prohibés sur le sol européen. Cette mesure d’urgence, qui pourrait durer jusqu’à un an, cible notamment des denrées comme les avocats, les mangues et les goyaves.
Le gouvernement justifie cette action par la nécessité de protéger la santé des consommateurs et l’environnement, alignant les standards d’importation sur les règles strictes applicables aux agriculteurs européens. Les substances incriminées, des fongicides et herbicides tels que le mancozèbe ou le thiophanate-méthyl, ne peuvent être utilisées dans l’Union européenne en raison de leurs risques potentiels.
L’arrêté, publié en début de semaine, impose un délai d’écoulement des stocks ne dépassant pas un mois. Il oblige également les importateurs et les acteurs de la grande distribution à renforcer drastiquement leurs contrôles. Ces derniers devront désormais être en mesure de tracer précisément l’origine de leurs produits et de fournir des analyses prouvant l’absence de résidus quantifiables des pesticides interdits.
Si la mesure est d’application nationale dans un premier temps, Paris a soumis son texte à la Commission européenne, qui dispose d’un délai de dix jours pour l’examiner. Bruxelles pourrait choisir de la valider, de l’étendre à l’ensemble du marché commun, ou, à l’inverse, de s’y opposer.
Cette initiative intervient dans un contexte de tensions agricoles et de discussions complexes sur les accords commerciaux, notamment avec le bloc du Mercosur. Elle illustre la volonté française de durcir le cadre des échanges pour garantir une équité des règles sanitaires et environnementales, quelles que soient les origines géographiques des produits alimentaires.