L’approvisionnement en rispéridone, un médicament essentiel dans la prise en charge de la schizophrénie et des troubles bipolaires, est désormais rétabli. Les autorités sanitaires viennent de lever les mesures exceptionnelles qui avaient été instaurées pour faire face à une pénurie critique de ce psychotrope administré par injection.
Selon un récent communiqué, les livraisons du produit, fabriqué par le laboratoire Janssen, ont pleinement repris. Les stocks sont déclarés suffisants pour répondre à la totalité des besoins des patients et pour compenser les difficultés persistantes chez d’autres fabricants. Cette annonce met fin à plusieurs mois de restrictions imposées aux prescripteurs et aux pharmaciens, confrontés à des ruptures d’approvisionnement à l’échelle européenne.
La crise était née d’une cascade de problèmes industriels. Après une interruption de production chez un concurrent, le laboratoire Janssen avait lui-même dû suspendre temporairement sa fabrication, évoquant dans un premier temps un possible défaut de qualité. Après enquête, la production a pu redémarrer, permettant de résorber la pénurie.
Cette situation illustre les vulnérabilités qui pèsent sur l’accès à de nombreux traitements psychiatriques. D’autres molécules, comme la quétiapine, restent ainsi difficiles à se procurer. Pour les patients concernés, ces ruptures peuvent avoir des conséquences graves, un arrêt brutal du traitement étant souvent synonyme de rechute sévère.
Les causes de ces pénuries récurrentes sont structurelles. Les experts pointent notamment la concentration géographique de la production des principes actifs et les contraintes économiques pesant sur la fabrication de certains médicaments, qui décourageraient certains industriels. Le retour à la normale pour la rispéridone apporte un soulagement, mais le secteur de la santé mentale reste en alerte face à la fragilité de ses chaînes d’approvisionnement.