Les données convergent : dans le monde du travail, les préjugés liés à l’âge affectent de manière disproportionnée les femmes, qu’elles soient en début de carrière ou expérimentées. Une récente étude du Défenseur des droits révèle que l’âge reste le premier motif de discrimination perçu lors d’une recherche d’emploi, cité par 42% des personnes interrogées.
Ce phénomène, loin de ne concerner que les travailleurs seniors, touche également les nouvelles générations. Les actifs de 18 à 29 ans sont 32% à déclarer avoir subi un traitement inégal en raison de leur jeunesse au cours de leur parcours professionnel. Pour les femmes, ces discriminations se cumulent souvent avec d’autres réalités. Leurs trajectoires professionnelles, fréquemment marquées par des interruptions liées à la parentalité ou à l’aide apportée à des proches âgés, peuvent être perçues comme moins linéaires. Cette situation, combinée à une tendance plus forte à l’autocensure, crée des freins supplémentaires.
La difficulté du retour à l’emploi après 50 ans en est une illustration criante. Les statistiques montrent un écart entre les sexes dans cette tranche d’âge, avec une proportion d’hommes en poste supérieure à celle des femmes. Lorsqu’elles retrouvent une activité, les femmes ont également plus de risques d’accepter un emploi à temps partiel.
Des témoignages viennent étayer ces chiffres. Céline, 55 ans, ancienne cheffe de produit, peine à retrouver un poste après un arrêt maladie. Elle se heurte soit au silence des recruteurs, soit à des propositions financières inadaptées à son expérience. Marie, 62 ans, cadre bancaire évaluée positivement pendant plus d’une décennie, s’est vue marginalisée puis licenciée dans un contexte de restructuration, malgré ses efforts continus de formation.
Chez les jeunes diplômés issus de formations prestigieuses, le constat est similaire. Les jeunes femmes sont significativement plus nombreuses que leurs homologues masculins à rapporter des remarques dévalorisantes liées à leur âge. Près des deux tiers des femmes de 18 à 34 ans au sein de cette élite déclarent en être victimes, contre un peu plus d’un tiers des jeunes hommes.
Ces éléments dessinent une réalité où le critère de l’âge, croisé avec celui du genre, continue de façonner de manière inéquitable les opportunités et les parcours professionnels.