accueil Faits diversCrans-Montana : Une tragédie annoncée, des défaillances systémiques

Crans-Montana : Une tragédie annoncée, des défaillances systémiques

par Sylvain Tronchet
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Cinq jours après l’incendie meurtrier du bar Constellation à Crans-Montana, en Suisse, l’enquête met en lumière une série de manquements graves et persistants en matière de sécurité. Les autorités locales et les gérants de l’établissement font face à des responsabilités qui semblent partagées, révélant un système de prévention défaillant.

Lors d’une conférence de presse tenue ce 6 janvier, le président de la commune, Nicolas Féraud, a dû concéder des omissions inquiétantes. Il a reconnu que les contrôles de sécurité incendie périodiques n’avaient tout simplement pas été réalisés depuis 2020. « Nous le regrettons amèrement », a-t-il déclaré, visiblement mal à l’aise. Il a également indiqué ignorer l’usage d’objets pyrotechniques dans les sous-sols et confirmé l’absence d’alarme incendie. Pointant du doigt les exploitants, il a évoqué « une culture de risque inconsidérée ».

Des images exclusives, filmées avant la catastrophe, montrent la configuration des lieux. Au fond d’un étroit couloir du sous-sol, une issue de secours, signalée par un discret panneau, apparaît. Pourtant, de nombreux témoins affirment que cette porte est restée fermée lors de la panique du réveillon. D’anciens employés corroborent ces dires. « Elle était condamnée », explique Denis Leroy, un ancien salarié. « Je ne pouvais pas y accéder. » Un autre employé, sous couvert d’anonymat, précise que cette porte était souvent verrouillée pour empêcher les entrées ou sorties frauduleuses, et qu’elle s’ouvrait à l’envers, vers l’intérieur, contrairement aux normes de sécurité.

La reconstitution des lieux suggère qu’un escalier d’à peine 1,27 mètre de large constituait vraisemblablement la seule voie d’évacuation face aux flammes. D’autres portes ne menaient qu’à des pièces sans issue.

L’origine du sinistre, liée à une mousse pyrotechnique, interroge sur la réglementation. Son utilisation n’est pas soumise à contrôle obligatoire, malgré des risques documentés depuis des années. Une vidéo datant de cinq ans montre déjà un serveur exprimant ses craintes quant à un accident potentiel. Me Romain Jordan, avocat représentant des familles de victimes, souligne l’amertume des proches : « Le problème était connu depuis des années. Le risque a été reconnu et il a été accepté. »

De leur côté, le couple français gérant l’établissement a fait parvenir un communiqué exprimant son désarroi et affirmant sa pleine coopération avec la justice. Alors que le deuil s’installe, les questions sur les responsabilités et les normes de sécurité dans les établissements recevant du public résonnent avec une acuité particulière.

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