Les travaux de la commission d’enquête parlementaire consacrée au fonctionnement de l’audiovisuel public vont reprendre sous de nouveaux auspices. Un cadre renforcé a été adopté pour apaiser les débats, après plusieurs semaines marquées par des polémiques liées à la conduite des auditions.
Les prochaines séances, prévues autour du 19 janvier, entendront des représentants du personnel de France Télévisions et de Radio France. Le président de la commission a insisté sur la nécessité de préserver le caractère sérieux des travaux, rejetant toute dérive vers un « tribunal politique ».
Afin de garantir un climat plus serein, le bureau de la commission a établi de nouvelles règles de conduite. Celles-ci incluent l’interdiction des communications en direct sur les réseaux sociaux durant les auditions, le respect strict des propos tenus par les personnes entendues et une exigence de retenue dans les prises de parole publiques des membres. Le président a confirmé que ces principes avaient été acceptés par l’ensemble des responsables, y compris le rapporteur.
Ces ajustements font suite à des incidents répétés depuis le lancement de la commission fin novembre. Le ton et la nature des interrogatoires du rapporteur, dont le groupe politique est allié au Rassemblement National, avaient suscité de vives critiques. Plusieurs personnalités auditionnées, dont la présidente de Radio France, avaient dénoncé des déformations de leurs déclarations. Un animateur de télévision a même menacé de poursuites judiciaires après des allégations concernant sa rémunération.
La présidente de l’Assemblée nationale était intervenue pour rappeler à l’ordre le rapporteur, exprimant sa crainte de voir la mission « dévoyée ». Des élus de gauche avaient dénoncé une « tentative d’humiliation », tandis qu’un responsable de la majorité présidentielle regrettait que l’on passe « à côté du sujet » initial.
De son côté, le rapporteur concerné défend sa méthode, affirmant poser des questions que « des millions de Français se posent ». Il se présente en défenseur d’un service public qu’il dit chérir, mais qu’il estime nécessaire de « purger des soupçons » pour préserver sa crédibilité et son principe de neutralité.
Cette commission avait été créée dans un contexte déjà tendu pour l’audiovisuel public, suite à des controverses sur sa supposée partialité. Sa reprise prochaine, sous un protocole plus strict, vise à recentrer les débats sur l’analyse du financement et du fonctionnement des médias publics, loin des polémiques personnelles et des affrontements partisans.