Les travaux de la commission d’enquête sur l’audiovisuel public, suspendus après des débuts tumultueux, reprendront sous de strictes conditions. L’objectif affiché est de recentrer les débats sur le fond et d’éviter les dérives spectaculaires qui ont marqué ses premières semaines.
Le président de la commission a annoncé la reprise des auditions pour la troisième semaine de janvier, avec à l’ordre du jour des représentants des personnels de France Télévisions et de Radio France. Cette reprise s’accompagne d’un cadre rigoureux, adopté par le bureau de la commission pour garantir le sérieux des échanges. Désormais, les membres s’engagent à une communication sobre, à proscrire les commentaires en direct sur les réseaux sociaux et à s’abstenir de toute déformation des propos des personnes entendues.
Cette remise en ordre fait suite à des tensions répétées, largement attribuées à l’attitude du rapporteur chargé de l’enquête. Ses méthodes interrogatoires, jugées agressives et orientées, avaient provoqué l’ire de plusieurs personnalités auditionnées et suscité des critiques au sein même de l’hémicycle. La présidente de l’Assemblée nationale avait été contrainte d’intervenir pour rappeler le cadre déontologique, craignant un détournement de l’objet de la commission.
Si le rapporteur a reçu le soutien affiché de certains de ses alliés politiques, qui ont salué son « courage », les reproches se sont multipliés au-delà des bancs de l’opposition. Des voix issues de la majorité présidentielle ont exprimé leur crainte de voir l’institution instrumentalisée à des fins partisanes, au détriment d’un examen apaisé et constructif du service public.
L’épisode a également débordé sur la scène médiatique, un animateur populaire menaçant de poursuites judiciaires après des déclarations le concernant, tandis que des dirigeants de l’audiovisuel public dénonçaient publiquement la distortion de leurs propos.
Créée à l’origine pour examiner les questions de financement, de fonctionnement et de neutralité du secteur, la commission semble à la croisée des chemins. La nouvelle discipline imposée constitue un test pour sa capacité à mener un travail parlementaire utile, loin des polémiques et des mises en scène qui ont jusqu’ici capté l’attention. Le défi sera de transformer ces auditions en un lieu de dialogue et d’analyse, plutôt qu’en une arène politique.