Les travaux de la commission d’enquête parlementaire sur le fonctionnement de l’audiovisuel public vont reprendre sous de nouveaux auspices. Après une série de séances marquées par la polémique, le bureau de cette instance a décidé d’instaurer un cadre plus strict pour ses futures auditions.
Afin d’éviter tout dérapage, plusieurs principes ont été adoptés. Ils incluent l’interdiction des communications en direct sur les réseaux sociaux durant les auditions, le respect de la parole des personnes entendues sans déformation de leurs propos, et une exigence de sobriété dans les échanges médiatiques. Le président de la commission, Jérémie Patrier-Leitus, a insisté sur la volonté de conduire des travaux sérieux, éloignés de toute mise en scène politique.
Ces ajustements font suite à des incidents répétés, dont l’origine est attribuée par plusieurs observateurs à l’attitude du rapporteur désigné, Charles-Henri Alloncle. Ce député, dont le groupe est allié au Rassemblement National, a multiplié les questions perçues comme agressives par une partie de l’hémicycle et par certains dirigeants de l’audiovisuel public. Il défend sa méthode en affirmant poser des questions que « des millions de Français se posent ».
L’atmosphère était devenue si tendue que la présidente de l’Assemblée nationale avait dû intervenir pour rappeler le député à l’ordre, craignant un détournement des objectifs initiaux de la commission. Cette intervention n’a pas empêché les soutiens du rapporteur, notamment au sein de la droite et de l’extrême droite, de saluer son opiniâtreté.
La commission avait été créée dans un contexte déjà sensible, suite à la diffusion d’une vidéo mettant en cause l’impartialité de certains journalistes. Aujourd’hui, des voix s’élèvent, y compris au sein de la majorité présidentielle, pour regretter que le fond du sujet – le financement et la neutralité du service public – soit éclipsé par des affrontements personnels et idéologiques.
Le député Alloncle, pour sa part, se présente en défenseur d’un audiovisuel public qu’il dit chérir, affirmant que son objectif est de le « sauver » en levant les soupçons qui pèsent sur lui. La reprise des auditions, prévue avec des représentants du personnel, sera le premier test de cette nouvelle feuille de route visant à apaiser les débats.