La vente en ligne de poupées sexuelles à l’apparence infantile connaît un nouveau coup de projecteur. Ce vendredi, l’association Mouv’Enfants a annoncé avoir porté plainte contre quatre nouveaux sites commerciaux, dont trois basés en France. Parmi eux, une entreprise parisienne proposant des modèles au visage poupin, vêtus d’habits d’écolière.
Cette action porte à neuf le nombre de signalements officiels effectués par l’association depuis que des révélations ont mis en lumière les pratiques de certaines plateformes internationales. Plusieurs sites français avaient déjà fait l’objet de procédures, avec des enquêtes judiciaires en cours. Les nouveaux sites ciblés, localisés à Paris, Levallois-Perret et Albertville, étaient pour la plupart inaccessibles ce vendredi.
« Nous sommes tombés sur l’un des pires sites lors d’une simple recherche internet », témoigne un cofondateur de Mouv’Enfants. L’activiste affirme avoir identifié des références explicites à la jeunesse et consulté des commentaires d’acheteurs particulièrement inquiétants. L’association réclame désormais une surveillance systématique du web, notamment par des outils d’intelligence artificielle, et une mobilisation des forces de l’ordre comparable à celle déployée contre d’autres formes de criminalité.
La législation française est pourtant claire : toute représentation sexualisée de mineurs, y compris sous forme fictive ou matérialisée par des objets, est interdite. Récemment, un quinquagénaire a été condamné à une peine de prison ferme avec bracelet électronique pour avoir commandé ce type de poupée. Début décembre, une vingtaine d’individus soupçonnés d’achats similaires sur des plateformes étrangères avaient déjà été interpellés.
Selon des experts juridiques spécialisés, environ la moitié des auteurs d’agressions sexuelles sur mineurs auraient préalablement acquis de telles poupées. Ces chiffres interviennent dans un contexte où les statistiques sur les violences sexuelles contre les enfants restent alarmantes, avec des taux de condamnation extrêmement faibles pour les crimes incestueux.
L’association espère que ces nouveaux signalements créeront une opportunité pour identifier et poursuivre les acheteurs, tout en suscitant une volonté politique plus ferme dans la lutte contre ce commerce illégal.