accueil SociétéUne école désaffectée de Lyon transformée en refuge pour plus de quatre-vingts enfants sans domicile

Une école désaffectée de Lyon transformée en refuge pour plus de quatre-vingts enfants sans domicile

par Lionel Feuerstein
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Face à l’absence criante de solutions de logement d’urgence, un collectif citoyen a procédé, dans la soirée de vendredi, à une occupation d’envergure. Plus de vingt-sept familles, comprenant plus de quatre-vingts enfants, ont été installées dans les locaux d’un établissement scolaire lyonnais désaffecté mais encore chauffé. L’action, présentée comme « très exceptionnelle » par ses organisateurs, vise à mettre en lumière l’impasse dans laquelle se trouvent ces familles.

Le collectif « Jamais Sans Toit » (JST), à l’origine de l’opération, a mobilisé des enseignants et des parents d’élèves bénévoles pour aménager les salles de classe en dortoirs et en espace de vie, y déployant plus d’une centaine de matelas. Pour beaucoup de ces familles, souvent issues de parcours migratoires ou réfugiées, cette situation n’est malheureusement pas nouvelle. La majorité d’entre elles dormaient déjà, parfois depuis deux ans, dans les écoles où leurs enfants sont scolarisés, une pratique devenue le principal mode d’action du collectif né en 2014.

« La situation est intenable. Nous sommes face à un vide abyssal des dispositifs publics », dénonce une porte-parole du mouvement. Elle explique que cette occupation, bien que se situant dans une zone grise juridique, est tolérée par les autorités en l’absence d’alternatives. Les familles concernées avaient bénéficié d’une quinzaine de nuits d’hôtel financées par la mairie durant les fêtes de fin d’année, avant d’être orientées vers des gymnases mobilisés dans le cadre du plan Grand Froid.

Mais ces solutions sont jugées totalement inadéquates. « Les gymnases sont saturés. Imposer à des enfants de dormir au milieu d’autres adultes sans-abri, dans des conditions souvent précaires, n’est pas une réponse digne », s’indigne une membre du collectif. Les bénévoles, épuisés, soulignent qu’ils ne peuvent se substituer indéfiniment aux travailleurs sociaux et réclament des engagements concrets pour un hébergement pérenne.

De son côté, la préfecture du Rhône reconnaît une saturation du système d’urgence, pointant du doigt la difficulté à faire sortir les personnes des circuits d’hébergement temporaire vers des solutions plus stables. Malgré des investissements publics conséquents, la crise du logement, particulièrement aiguë pour les familles avec enfants, ne semble pas trouver de réponse à la hauteur des besoins. Ce refuge improvisé dans une école vide est le symbole brutal d’un échec collectif à protéger les plus vulnérables.

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