La catastrophe survenue dans un bar de Crans-Montana, en Suisse, ayant coûté la vie à quarante personnes et fait des dizaines de blessés, a provoqué un électrochoc bien au-delà des frontières helvétiques. À Paris, les autorités ont immédiatement décidé d’intensifier les vérifications dans les lieux de nuit accueillant du public, soucieuses de prévenir tout drame similaire.
Une opération de contrôle a ainsi été conduite cette semaine dans un club de jazz historique du cinquième arrondissement. Sous les notes de musique encore diffusées pour les besoins du test, les équipes de la Brigade de sapeurs-pompiers de Paris ont examiné avec rigueur les dispositifs de sécurité. L’alarme incendie a été déclenchée, entraînant l’arrêt automatique de la sonorisation et le rétablissement de l’éclairage, conformément aux normes. Les issues de secours et la largeur des escaliers desservant la piste de danse souterraine, d’une capacité de deux cents personnes, ont été jugées satisfaisantes.
Le gérant des lieux, un vétéran du secteur avec plus d’un demi-siècle d’expérience, a confié son effroi face à la nouvelle venue de Suisse. Il a souligné la vigilance de son équipe concernant l’interdiction stricte de tout artifice, comme les fumigènes ou les feux de Bengale, dans un bâtiment ancien aux murs de pierre.
Ces contrôles, habituellement planifiés tous les trois à cinq ans, prennent désormais un caractère plus urgent. Lors de cette inspection, si le registre de sécurité a révélé quelques documents techniques non mis à jour, l’avis global est resté favorable, assorti de prescriptions pour parfaire la conformité.
La préfecture de police indique que la priorité est donnée à la visite rapide des sept discothèques parisiennes actuellement sous avis défavorable. Les pouvoirs des autorités sont étendus : en cas de risque immédiat et grave, comme l’absence d’éclairage de sécurité, la fermeture administrative peut être prononcée séance tenante, empêchant l’ouverture le soir même.
Chaque année, environ mille sept cents contrôles sont effectués sur les quarante mille établissements recevant du public à Paris, conduisant à une dizaine de fermetures. La tragédie de Crans-Montana rappelle cruellement que cette vigilance permanente n’est jamais une formalité.