accueil Faits diversUn frère dans l’attente : le combat pour la vie après l’incendie de Crans-Montana

Un frère dans l’attente : le combat pour la vie après l’incendie de Crans-Montana

par Sylvain Tronchet
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La vie de Thomas Aubrun est désormais suspendue aux bulletins de santé de son frère. Dans l’intimité d’un drame qui a frappé toute une communauté, il décrit des journées rythmées par l’incertitude et un espoir ténu. Son frère cadet, Matthieu, figure parmi les victimes les plus gravement atteintes par le violent incendie qui a ravagé un établissement de Crans-Montana dans la nuit de la Saint-Sylvestre, un événement qui a provoqué une onde de choc nationale.

Atteint de brûlures sur une partie significative de son corps, le jeune homme de 25 ans affronte des complications pulmonaires sévères, séquelles des fumées toxiques inhalées lors de la tragédie. Les médecins restent prudents, mais sa famille s’accroche à une lueur d’optimisme. « On observe une légère amélioration, une trajectoire positive, mais son pronostic vital reste engagé », confie Thomas, décrivant une vigilance de chaque instant.

Il peint le portrait d’un frère au tempérament solaire et épicurien, une force de caractère qui, croit-il, l’aide aujourd’hui dans son combat pour survivre. Depuis ce premier janvier, l’existence des Aubrun a basculé dans une réalité parallèle, faite d’attentes hospitalières et de démarches administratives écrasantes. « Nous vivons au jour le jour, heure par heure. Le sommeil est rare. L’essentiel est là-bas, à son chevet », témoigne-t-il.

Entre les appels aux avocats, les dossiers d’assurance à constituer et le suivi médical, la famille navigue dans un brouillard procédural. Pourtant, la colère n’a pas sa place, affirme Thomas. L’émotion dominante reste la sidération, mêlée à une profonde tristesse, non seulement pour leur proche mais pour toutes les familles éprouvées par ce drame qui a coûté la vie à quarante personnes.

Alors qu’une cérémonie d’hommage national se tenait ce vendredi, Thomas Aubrun y voyait une étape nécessaire. « C’est le premier geste, essentiel. Le temps du recueillement doit précéder celui de la justice », estime-t-il, exprimant sa confiance dans les enquêtes en cours menées par les autorités suisses et françaises. Pour l’instant, dans le silence des chambres d’hôpital, une seule bataille compte : celle que mène Matthieu, secondé par l’espoir indéfectible des siens. « Nous sommes persuadés qu’il va s’en sortir », lance son frère, un mantra répété pour conjurer le pire.

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