La consécration collective a souvent un visage individuel. Jeudi soir au Koweït, c’est celui de Lucas Chevalier qui s’est imposé. Le gardien du Paris Saint-Germain, sous le feu des critiques depuis son arrivée, a offert à son équipe le Trophée des champions en réalisant une performance décisive face à l’Olympique de Marseille.
Porté en triomphe par ses coéquipiers après la séance de tirs au but, le portier de 24 ans a repoussé les deux premières tentatives marseillaises, scellant le succès parisien. Au-delà de cet exploit final, sa soirée fut marquée par une série d’interventions cruciales : une parade réflexe sur corner, un arrêt à bout portant, un double arrêt en cascade et une frappe détournée sur sa transversale. Sept parades au total face à un rival offensif.
« J’étais déterminé à aider l’équipe à gagner ce trophée », a confié le principal intéressé après la rencontre, reconnaissant que ses premiers mois dans la capitale « n’ont pas été faciles ». Une litote pour décrire une période d’adaptation compliquée, où chaque sortie incertaine et chaque but encaissé étaient disséqués.
Même son entraîneur, Luis Enrique, habituellement mesuré dans ses compliments, a salué « un très bon match » et des « actions de grand mérite ». Pourtant, la confiance n’avait pas toujours été au rendez-vous : il y a trois semaines, en finale de la Coupe intercontinentale, c’est l’habituel remplaçant Matvey Safonov qui avait été préféré, brillant lui aussi lors des tirs au but.
La concurrence reste vive. La blessure à la main de Safonov a offert sa chance à Chevalier, mais le débat sur le titulaire dans les buts parisiens est loin d’être clos. Le Français, acquis pour une somme substantielle cet été, doit encore convaincre sur la durée et effacer certaines approximations. Sa sortie hasardeuse ayant conduit au penalty de l’égalisation marseillaise, ou son immobilisme sur le centre aboutissant au deuxième but, rappellent que la marge de progression existe.
Cette performance pourrait néanmoins marquer un tournant. Après des débuts contrastés, le gardien a prouvé qu’il pouvait être décisif dans les moments clés. La route vers une légitimité incontestée passe par la régularité. Dimanche, en Coupe de France, une nouvelle occasion se présentera peut-être pour confirmer cette éclatante démonstration et transformer un soir de grâce en véritable point de départ.