accueil SociétéLes agriculteurs en colère convergent vers la capitale pour une mobilisation d’ampleur

Les agriculteurs en colère convergent vers la capitale pour une mobilisation d’ampleur

par Lionel Feuerstein
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La colère gronde toujours au sein du monde agricole. Une nouvelle vague de mobilisation est prévue ce mardi matin à Paris, où plusieurs centaines de tracteurs sont attendus sur la place de la Concorde dès les premières heures de la journée. Cette action fait suite à une série d’opérations menées lundi, ciblant notamment des ports maritimes français, perçus comme des symboles du libre-échange, ainsi que plusieurs axes autoroutiers.

À l’origine de ce mouvement, la FRSEA du Grand bassin parisien, qui fédère des syndicats d’Île-de-France et des départements limitrophes, réclame des mesures urgentes et tangibles pour protéger ce qu’elle qualifie de souveraineté alimentaire mise en péril. Selon Benoît Raux, secrétaire général de la FDSEA du Nord, environ 250 machines agricoles devraient converger depuis la région des Hauts-de-France.

Cette mobilisation s’inscrit dans un contexte de tensions accrues à l’approche de la signature prévue de l’accord commercial entre l’Union européenne et le Mercosur. Les opposants à ce traité dénoncent une concurrence déloyale, craignant l’arrivée massive de produits agricoles latino-américains moins chers et ne respectant pas, selon eux, les mêmes standards de production que ceux en vigueur en Europe.

Des actions de contrôle ont ainsi été organisées par des agriculteurs. Au port du Havre, principal terminal à conteneurs de France, des filtrages ont été mis en place pour inspecter les camions frigorifiques et vérifier l’origine des marchandises. Les manifestants affirment y avoir découvert des produits, comme de la farine ou des soupes aux légumes, provenant de pays aux normes différentes.

D’autres points de blocage ou de perturbation ont été signalés à travers le territoire. À Bayonne, un site céréalier d’exportation a été ciblé par des syndicats agricoles qui y voient un symbole des échanges qu’ils contestent. À La Rochelle, des ballots de paille ont été utilisés pour barrer l’accès à des installations portuaires. Des rassemblements ont également eu lieu devant des préfectures ou sur des routes secondaires dans plusieurs villes de province.

Ce mouvement, initié en décembre sur des questions sanitaires concernant l’élevage bovin, a pris de l’ampleur la semaine dernière avec une première incursion de tracteurs dans Paris. Si certains barrages, comme celui sur l’A63 près de Bayonne, ont été levés après négociation, d’autres perdurent, notamment sur l’A1 en direction de la capitale.

La contestation dépasse les frontières françaises, avec des manifestations similaires ayant eu lieu en Italie, en Pologne ou en Irlande. L’avenir de l’accord UE-Mercosur, qui créerait l’une des plus vastes zones de libre-échange au monde, reste incertain et dépend d’un vote au Parlement européen, attendu avec fébrilité pour le mois de février. En prévision de ce scrutin, un important rassemblement est d’ores et déjà annoncé devant l’institution strasbourgeoise le 20 janvier.

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