Le parquet de Paris a lancé une enquête pour injure publique à caractère raciste, suite à une plainte déposée par Bally Bagayoko, maire de Saint-Denis. Les investigations, confiées à l’Office central de lutte contre la haine en ligne, font suite à des déclarations tenues lors de deux émissions diffusées fin mars sur la chaîne CNews.
Lors d’un débat consacré à l’installation du nouvel édile, un intervenant a fait référence à des concepts d’évolution humaine et d’organisation tribale pour analyser la situation. Le lendemain, un autre invité a évoqué, à propos des premiers pas du maire, une logique de « mâle dominant » qu’il a qualifiée de « très tribale ».
Ces interventions ont provoqué une vive polémique et une mobilisation au-delà du seul cadre judiciaire. Le préfet de Seine-Saint-Denis a annoncé son intention de se porter partie civile. Parallèlement, une enquête distincte a été ouverte pour cyberharcèlement, concernant une série de publications en ligne ciblant l’élu, selon le parquet, en raison de la couleur de sa peau.
La séquence a suscité de nombreuses réactions dans le monde politique et associatif. Plusieurs élus de gauche et organisations antiracistes ont saisi le régulateur de l’audiovisuel, l’Arcom, qui a indiqué examiner les passages litigieux.
La chaîne mise en cause rejette fermement toute accusation de racisme, affirmant qu’aucun propos de cette nature n’a été tenu sur ses antennes. De son côté, Bally Bagayoko a dénoncé une montée du racisme dans la société et a appelé à des sanctions contre la chaîne. L’affaire, désormais entre les mains de la justice, illustre les tensions persistantes autour des discours publics et des limites de la liberté d’expression.