accueil FranceUn double féminicide relance l’appel à traiter le masculinisme comme une menace terroriste

Un double féminicide relance l’appel à traiter le masculinisme comme une menace terroriste

par Anaïs Hanquet
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L’appel est sans équivoque : une instance consultative majeure demande que l’affaire judiciaire entourant un ancien policier, suspecté d’avoir assassiné deux femmes, soit examinée sous l’angle de la lutte antiterroriste. Cette requête vise à provoquer une prise de conscience nationale sur les dangers de l’idéologie masculiniste.

L’individu concerné, âgé de 42 ans, a été interpellé fin mars au Portugal avec ses deux enfants. Il est soupçonné d’avoir tué successivement son ex-compagne puis sa conjointe actuelle. Selon les autorités, cet homme était actif au sein de cercles revendiquant les « droits des pères », un mouvement que les observateurs décrivent comme une branche structurée du masculinisme.

La présidente de l’instance, Bérangère Couillard, a déclaré que ce drame devait servir de déclic. « Face à une idéologie qui diffuse la haine des femmes, banalise la violence et finit par légitimer le passage à l’acte, nous ne pouvons plus considérer cela comme un phénomène marginal », a-t-elle affirmé. « Cela exige une réponse publique à la mesure de la menace. »

L’organisme soutient ainsi une pétition citoyenne, déjà signée par des milliers de personnes, exigeant la saisine du parquet antiterroriste. Cette démarche est relayée par plusieurs associations féministes qui voient dans cette affaire un symbole des risques extrêmes portés par les discours misogynes.

Dans un rapport publié plus tôt cette année, la même instance avait déjà qualifié le masculinisme d' »enjeu de sécurité publique » et plaidé pour une stratégie nationale de lutte. Cette préoccupation trouve un écho dans des procédures judiciaires récentes, comme la mise en examen, l’été dernier, d’un jeune homme se réclamant de la mouvance « incel » pour un projet d’attaque au couteau contre des femmes.

Le débat est désormais ouvert : faut-il requalifier les crimes motivés par une haine antiféministe systématique en actes de terrorisme ? Pour ses partisans, cette reconnaissance juridique serait un outil essentiel pour démanteler les réseaux et contrer la radicalisation en ligne. L’affaire en cours pourrait constituer un précédent déterminant.

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