Lorsque le député Matthias Renault a déposé un amendement visant à réduire les subventions aux associations qu’il qualifie de « structures idéologiques et militantes », il a pointé du doigt un exemple pour le moins surprenant : le festival rennais des Transmusicales. Selon ses propos, l’événement serait connu pour organiser des festivals mettant en avant des artistes transgenres. Une affirmation qui a provoqué l’incompréhension, voire l’hilarité, dans le milieu culturel.
En effet, les Transmusicales, créées en 1979, sont une institution musicale dédiée à la découverte de nouvelles scènes, initialement rock, avant de s’ouvrir à une pluralité de genres comme le rap, la pop ou l’électro. Des noms comme Nirvana, Daft Punk ou Stromae y ont fait leurs premières armes françaises. Quant à l’origine du nom « Transmusicales », elle n’a aucun lien avec la transidentité. Elle s’inspire d’un disque de free-jazz intitulé « Trans-Musiques – Concert à Paris », sorti en 1978.
Cette méprise révèle une recherche préalable pour le moins succincte, l’information étant facilement vérifiable. L’amendement, rejeté en commission des finances, a finalement été retiré avant tout débat public en séance, évitant à son auteur une exposition plus longue sur une base erronée.
Cet épisode illustre les dangers d’une approche idéologique appliquée sans discernement au champ culturel, où la méconnaissance des réalités peut conduire à des propositions infondées.