Alors qu’un froid vif s’est abattu sur la France au retour des vacances de janvier, de nombreux élèves ont découvert des établissements scolaires inhabitables. Les thermomètres ont plongé à des niveaux préoccupants : 9°C dans un lycée de Montpellier, à peine 13°C dans un collège bordelais, ou encore entre 7 et 10°C dans des écoles de la région nantaise. Face à cette situation, plusieurs établissements ont été contraints de fermer temporairement leurs portes, du Loiret à la Seine-Saint-Denis, laissant les familles dans l’embarras.
Cette disparité de traitement entre territoires, où certains enfants grelottent en classe tandis que d’autres sont renvoyés chez eux, a suscité une réaction politique. Un élu a officiellement interpellé le gouvernement pour demander la fin de cette « gestion au cas par cas ». Il dénonce une forme d’injustice, arguant que la décision de suspendre les cours en raison des températures extrêmes repose aujourd’hui uniquement sur le jugement des chefs d’établissement, sans cadre national clair.
La solution avancée s’inspire d’une proposition de loi déposée cet été, qui vise à instaurer des seuils de température légaux dans tous les établissements d’enseignement. Le texte souligne l’absence de normes contraignantes garantissant des conditions d’apprentissage décentes. Si le Code de l’énergie suggère une moyenne de 19°C, rien n’interdit formellement de maintenir les cours dans des locaux où le froid ou la chaleur mettent la santé en péril.
Le parlementaire à l’origine de cette initiative, également enseignant, s’appuie sur les recommandations de l’Organisation mondiale de la Santé. Celle-ci estime que les risques pour la santé deviennent réels en deçà de 14°C et au-delà de 30°C. L’objectif serait donc d’inscrire ces limites dans la loi, avec l’obligation de fermer les écoles et de prévoir un accueil adapté si elles sont franchies. Il s’agit, selon ses mots, d’accorder aux enfants le même respect fondamental qu’aux adultes en matière de conditions de travail, et de mettre fin à une certaine forme de « maltraitance » institutionnelle.
Les causes de cette précarité thermique sont multiples. Elles vont des simples pannes de chauffage aux stratégies d’économies contestables de certaines collectivités, qui rallument les chaudières au dernier moment. Plus structurellement, un parc immobilier scolaire vieillissant et mal isolé est pointé du doigt. Des associations et syndicats estiment qu’une part significative des bâtiments est vétuste et inadaptée aux épisodes climatiques extrêmes, nécessitant des investissements massifs pour leur rénovation énergétique.
Cependant, l’idée de normes nationales ne rencontre pas un accueil favorable au ministère de l’Éducation. L’argument avancé est celui de la complexité du terrain et de la diversité des situations locales, privilégiant une gestion de proximité plutôt qu’une règle uniforme. En attendant un éventuel changement de cap, les images d’écoliers en manteaux et gants pour suivre les cours semblent promises à durer.