L’euphorie était palpable dans les rues de Rabat mercredi soir, après une qualification historique. L’équipe nationale marocaine, les Lions de l’Atlas, s’est frayé un chemin jusqu’à la finale de la Coupe d’Afrique des Nations, au terme d’une bataille épique contre le Nigéria, décidée à l’ultime loterie des tirs au but. Une nuit de tension extrême qui a finalement basculé en un immense soulagement collectif.
Dans l’antre du stade Moulay Abdellah, plus de soixante-cinq mille âmes ont explosé de joie d’une seule voix peu après 23h30, libérant une clameur à la mesure de l’attente et de l’angoisse accumulées pendant les 120 minutes de jeu. La ferveur des supporters, décrite comme un « douzième homme » décisif, a porté les joueurs jusqu’au bout, malgré un match serré où la faille défensive adverse n’a jamais été trouvée.
« Ce sont des émotions pures, indescriptibles. Ces joueurs sont des guerriers, ils portent le drapeau haut », confiait un supporter, la voix encore tremblante d’excitation. Un autre, venu spécialement du sud de la France pour l’événement, ajoutait : « C’est la fierté d’une nation tout entière. L’ambiance était électrique, nous croyons au titre. »
L’entraîneur Walid Regragui, souvent sous le feu des critiques, a lui-même rendu hommage à cette ferveur populaire. « Le public marocain mérite ce bonheur. Nous avons souffert ensemble, et atteindre la finale à domicile est un magnifique présent », a-t-il déclaré, tout en appelant à la récupération avant l’ultime épreuve. Le joueur Neil El Aynaoui a, quant à lui, souligné l’impact de cette foule en délire : « Jouer dans cette atmosphère, avec plus de 60 000 personnes derrière toi, c’est tout simplement extraordinaire. Ça donne des ailes. »
Après une nuit de célébrations, la capitale marocaine va maintenant retenir son souffle en attendant le match décisif de dimanche. L’adversaire sera le Sénégal, un pays frère et l’autre grand favori de la compétition, dans un remake de la finale de 1976 où le Maroc avait soulevé le trophée. Tout un pays rêve désormais de revivre ce moment de gloire, quarante-huit ans plus tard, devant son public.