Un accord additionnel, visant à compléter le texte de Bougival de 2025 sur le futur institutionnel de la Nouvelle-Calédonie, a été acté. Cette annonce intervient dans un contexte où les efforts de réconciliation tentent de surmonter l’absence du principal mouvement indépendantiste.
Ce nouveau protocole, établi entre l’État et plusieurs forces politiques calédoniennes, entend poursuivre la construction d’un État calédonien inscrit dans la Constitution française. L’objectif affiché est de promouvoir une réconciliation des mémoires, tout en reconnaissant le droit de chaque Calédonien à voir ses aspirations politiques prises en compte.
Le chemin reste toutefois semé d’obstacles. L’accord de Bougival, qui ne prévoyait pas d’accession à la pleine souveraineté, avait déjà été rejeté par le Front de Libération Nationale Kanak et Socialiste (FLNKS). L’absence de cette formation des dernières discussions jette une ombre sur la portée pratique du nouvel engagement. La question épineuse du corps électoral, gelé depuis 1998 et source de vives tensions par le passé, demeure un point de friction majeur non résolu.
Le texte réaffirme le principe d’un droit à l’autodétermination pour l’archipel, qui se concrétiserait par des transferts progressifs de compétences depuis l’État français, dans un cadre consensuel et avec l’approbation d’une majorité de Calédoniens. Il est précisé qu’un transfert complet des compétences régaliennes déclencherait une redéfinition de la relation entre le futur État calédonien et la France.
Un calendrier ambitieux accompagne ces déclarations. Les signataires visent l’adoption d’un projet de loi constitutionnelle d’ici le printemps, suivi d’une consultation des Calédoniens sur l’accord politique en début d’été. Une loi organique serait ensuite adoptée à l’automne, pour permettre la tenue des élections provinciales avant la fin de l’année 2026.
Cet édifice institutionnel complexe se construit donc en l’état sans une partie essentielle du paysage politique local, laissant planer des interrogations sur sa capacité à instaurer une paix durable et une stabilité sur le territoire.