accueil SociétéLa Côte-d’Or rejoint le mouvement de défiance envers la viande sud-américaine dans ses cantines

La Côte-d’Or rejoint le mouvement de défiance envers la viande sud-américaine dans ses cantines

par Lionel Feuerstein
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Dans un geste de fermeté face aux récentes tensions commerciales, le département de la Côte-d’Or a officiellement décidé d’exclure les produits alimentaires en provenance d’Amérique du Sud des menus de ses restaurants scolaires. Cette annonce fait suite à la signature, le week-end dernier, de l’accord de libre-échange entre l’Union européenne et les pays du Mercosur, un texte vivement contesté par le monde agricole français.

Le président du conseil départemental, François Sauvadet, a justifié cette mesure par la nécessité de protéger les éleveurs locaux d’une concurrence jugée inéquitable. « Nous devons défendre nos agriculteurs, nos terres et notre autonomie alimentaire face à des importations qui ne respectent pas toujours nos normes strictes en matière de santé publique et d’environnement », a-t-il déclaré. Selon lui, il est crucial de préserver le modèle d’élevage familial et pastoral français, menacé par des produits dont les conditions de production diffèrent radicalement.

Cette initiative n’est pas isolée. Elle s’inscrit dans un mouvement plus large de résistance, le département du Loiret ayant pris une décision similaire pour ses collèges publics quelques jours auparavant. La Côte-d’Or, qui s’était déjà prononcée contre le traité Mercosur en 2024, formalise ainsi son opposition par une instruction adressée à l’ensemble de ses établissements.

Le département bourguignon met en avant son engagement en faveur d’une alimentation de proximité. Il affirme que plus de 55% des produits servis dans les cantines de ses collèges sont déjà d’origine locale, durable et de qualité, dépassant ainsi les objectifs fixés par la législation. Cette nouvelle mesure vise à renforcer cette politique en écartant définitivement les denrées sud-américaines.

Cette décision symbolise la fracture grandissante entre les promesses du libre-échange et les réalités économiques des territoires. Elle pose une question centrale : comment concilier les accords internationaux avec la protection des filières agricoles nationales et les attentes des consommateurs en matière de traçabilité et de qualité ? Le débat, loin d’être clos, se déplace désormais dans les assiettes des collégiens.

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