L’introduction par la SNCF d’un espace « Optimum », initialement présenté comme interdit aux enfants, a provoqué une vive réaction de la Haute-commissaire à l’Enfance, Sarah El Haïry. Ce service, qui remplace l’ancienne classe « Business Première » sur certains TGV en semaine, promettait un « espace calme » en excluant les jeunes voyageurs, une condition qui a depuis été modifiée.
La découverte de cette clause a déclenché un débat sur les messages envoyés aux familles. La Haute-commissaire a qualifié le signal de « brutal », estimant que le confort des adultes ne devrait pas se construire sur l’exclusion des enfants. « Voyager avec sa famille n’est pas un problème à résoudre, mais une réalité à accompagner », a-t-elle affirmé, soulignant l’incohérence d’un discours public encourageant la natalité tout en créant des espaces les marginalisant.
Face à la controverse, la compagnie ferroviaire a rapidement ajusté sa communication. Elle précise désormais que l’espace « Optimum » est accessible à partir de 12 ans et rappelle que les plus jeunes restent les bienvenus dans toutes les autres parties du train. La SNCF défend son offre comme un service très restreint, concernant moins de quarante places, et met en avant ses tarifs familiaux attractifs, réaffirmant son attachement à un transport « ouvert à tous ».
Cet épisode soulève des questions plus larges sur l’équilibre entre services spécialisés et valeurs inclusives dans le secteur public. La Haute-commissaire a demandé une rencontre avec le PDG de la SNCF, Jean Castex, pour aborder ces sujets, indiquant que le dialogue sur la place des familles dans l’espace public est loin d’être clos.