La France a vu s’éteindre l’un de ses aînés les plus vénérables. Maurice Le Coutour s’est éteint paisiblement dans la nuit de jeudi à vendredi, à quelques mois seulement de son 112e anniversaire. Résidant d’une maison de retraite de Barfleur, en Normandie, il portait depuis l’an dernier le titre de doyen masculin connu de l’Hexagone, une distinction dont il se disait honoré.
Né en mai 1914, à l’orée du premier conflit mondial, sa vie a traversé le siècle. Tour à tour commerçant à Cherbourg, secrétaire dans une laiterie puis chauffeur de car scolaire, il avait pris sa retraite en 1979. Un homme décrit par ses proches comme droit et bienveillant.
Interrogé sur le secret de sa longévité exceptionnelle, il évoquait avec une pointe d’humour une vie sans tabac. Mais derrière cette longévité se cachaient aussi des épreuves profondes. Il confiait que les pertes douloureuses de son épouse et de son fils l’avaient marqué bien plus que les trois guerres qu’il avait connues. Il exprimait également une inquiétude face aux conflits qui déchirent le monde actuel.
Sa disparition rappelle que la quête du titre de doyen de France reste une entreprise non officielle, reposant sur des recensements associatifs. Les spécialistes du grand âge soulignent qu’il était le doyen masculin connu, faute de registre d’état civil centralisé pour les super-centenaires. Avec son départ, c’est désormais Henri Content, âgé de 110 ans, qui devient l’homme le plus âgé répertorié. Le titre de doyenne absolue de France revient, quant à lui, à Marie-Rose Tessier, 115 ans.
Le décès de Maurice Le Coutour emporte avec lui un pan de mémoire vivante et rappelle la fragilité de ces témoins d’une époque révolue.