accueil Faits diversLibération sous caution du propriétaire du bar de Crans-Montana : une décision judiciaire qui attise la douleur des familles

Libération sous caution du propriétaire du bar de Crans-Montana : une décision judiciaire qui attise la douleur des familles

par Sylvain Tronchet
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La colère et l’incompréhension règnent parmi les proches des victimes de l’incendie mortel survenu à Crans-Montana. Jacques Moretti, le gérant de l’établissement où quarante personnes ont péri lors de la nuit du Nouvel An, a recouvré la liberté vendredi après le paiement d’une caution substantielle. Cette mesure, ordonnée par la justice, impose à l’homme de 49 ans de se présenter quotidiennement aux autorités et lui interdit de quitter le pays.

Pour les familles endeuillées, majoritairement originaires d’Italie, cette libération est vécue comme une injustice insupportable. Elles redoutent que l’enquête ne soit compromise et que des éléments de preuve ne disparaissent. L’émotion est particulièrement vive, comme l’exprime une mère ayant perdu son fils : « Tandis qu’eux vont pouvoir de nouveau partager un repas, nous, autour de notre table, nous pleurons à jamais un être cher. »

L’origine des fonds ayant permis le versement de la caution, évaluée à plus de 200 000 euros, suscite également de vives interrogations. Certains proches des victimes s’inquiètent ouvertement de la possibilité que cet argent provienne de circuits opaques, exigeant une totale transparence sur sa provenance.

Le couple Moretti est mis en examen pour homicide involontaire. L’enquête a établi que le drame a été causé par l’embrasement de mousse acoustique au plafond, inflammable, après qu’elle eut été atteinte par les étincelles de bougies décoratives. Cette isolation avait été installée par le propriétaire lui-même quelques années auparavant.

Par l’intermédiaire de leurs avocats, les deux mis en cause affirment maintenir une pensée constante pour les victimes et se disent déterminés à répondre à toutes les demandes des autorités judiciaires. Le bilan humain reste lourd : outre les quarante décès, soixante-dix personnes parmi les cent seize blessés sont toujours hospitalisées, plusieurs semaines après la tragédie.

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