Une enquête-choc révèle l’ampleur persistante des pratiques discriminatoires au sein du secteur immobilier français. Selon une campagne de testing menée en 2025, près de la moitié des agences sollicitées acceptent ou facilitent des sélections de locataires sur des critères raciaux.
L’étude, conduite par une association de lutte contre le racisme, a consisté à contacter près de deux cents agences, issues de grands réseaux nationaux. Des militants se sont présentés comme des propriétaires désireux de louer leur bien, en exigeant explicitement des candidats « de type européen » pour éviter, selon leurs dires, « des problèmes de voisinage ».
Les résultats sont sans appel : 48,5 % des professionnels contactés ont répondu favorablement à cette demande illégale. Parmi eux, un quart a accepté de procéder directement à la sélection discriminatoire, tandis qu’un autre quart a indiqué au propriétaire fictif comment opérer lui-même cette filtration, faisant ainsi preuve de complicité. Seulement un peu plus de la moitié des agences a refusé catégoriquement, rappelant l’interdiction de toute discrimination fondée sur l’origine.
Face à ces conclusions, qui confirment des tendances déjà observées lors de précédentes enquêtes en 2019 et 2022, la réaction politique a été immédiate. La ministre chargée de la Lutte contre les discriminations a qualifié ces résultats de preuve que « le chemin restait long ». Elle a annoncé la mise en place prochaine, par décret, d’une formation obligatoire sur les discriminations pour l’ensemble des agents immobiliers, déplorant que le système actuel, facultatif, ne touche que « ceux qui sont déjà convaincus ».
Du côté des professionnels du secteur, le président de la fédération nationale a dénoncé un « véritable fléau », réaffirmant la condamnation de telles pratiques par son organisation. Il a souligné la nécessité de conjuguer formation et sanctions pour éradiquer ces comportements.
L’association à l’origine du testing a, quant à elle, dénoncé « une inquiétante permanence de pratiques pourtant prohibées par le droit pénal ». Dans un courrier aux parlementaires, son président les a appelés à « parler haut et fort » et à « agir contre les ruptures d’égalité ». Ces chiffres alarmants montrent que, malgré la loi, l’accès au logement reste entravé par des préjugés racistes que trop d’intermédiaires acceptent encore de servir.