accueil SociétéLandes : Une cheffe de police limogée après une manifestation agricole, un syndicat dénonce une décision arbitraire

Landes : Une cheffe de police limogée après une manifestation agricole, un syndicat dénonce une décision arbitraire

par Lionel Feuerstein
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La préfecture des Landes a annoncé le départ de la directrice départementale de la police nationale, Agnès Mazin-Bottier, pour une série de « manquements répétés ». Cette décision, intervenue en pleine période de tensions avec le monde agricole, est vivement contestée par le principal syndicat de commissaires, qui y voit un acte d’autorité injustifié.

Selon l’administration préfectorale, la gestion par l’officière d’une manifestation d’agriculteurs non déclarée le 11 janvier dernier a constitué le facteur déclencheur. Ce jour-là, des manifestants avaient procédé à des soudures sur les grilles de la préfecture. Les services du préfet Gilles Clavreul affirment avoir demandé la dispersion des individus, un ordre qui ne serait pas resté sans suite, sans qu’aucune impossibilité technique ou sécuritaire n’ait été signalée.

Cette mise à l’écart s’inscrirait dans un contexte de divergences plus anciennes, avec plusieurs rappels à l’ordre adressés à la commissaire au cours de l’année 2025. Le cabinet du préfet évoque également des difficultés récurrentes depuis le début du mouvement social dans le secteur agricole en décembre dernier.

Du côté des représentants des commissaires, le ton est à la dénonciation. Le Syndicat des commissaires de la police nationale (SCPN) qualifie la mesure d' »illégale », « arbitraire » et « méprisante », précisant qu’elle aurait été notifiée par simple message texte. Le syndicat défend au contraire l’action de sa collègue. Il estime que c’est précisément grâce à sa gestion, privilégiant un « dialogue normal et fluide » et évitant les interpellations, que la manifestation s’est déroulée sans violence, dégradation ou intrusion.

« Les agriculteurs ne sont pas des casseurs. Ce sont des interlocuteurs respectables, souvent connus des services », a souligné un responsable syndical, ajoutant que les faibles effectifs locaux ne permettaient pas, de toute façon, d’envisager une intervention musclée.

La commissaire, qui occupait également les postes de cheffe des commissariats de Dax et de Mont-de-Marsan, a annoncé prendre sa retraite, anticipant de plusieurs mois un départ initialement prévu pour l’automne 2026.

Le SCPN a demandé une entrevue avec le ministre de l’Intérieur, prévue dans le courant du mois prochain, pour alerter sur ce qu’il perçoit comme une « immixtion de plus en plus forte » de certaines autorités préfectorales dans les choix opérationnels des forces de l’ordre. Cette affaire relance le débat sur l’autonomie des cadres de la police face aux injonctions politiques et administratives en matière de maintien de l’ordre.

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