accueil SociétéRéforme du CPF : la colère gronde face à la restriction du financement du permis de conduire

Réforme du CPF : la colère gronde face à la restriction du financement du permis de conduire

par Lionel Feuerstein
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Une tempête politique s’est abattue sur le gouvernement suite à sa décision de resserrer les conditions d’accès au financement du permis de conduire via le Compte Personnel de Formation. Désormais, seuls les demandeurs d’emploi pourront utiliser ces fonds pour passer leur permis, une mesure intégrée au budget 2026 qui a immédiatement enflammé l’opposition.

À l’Assemblée, les réactions ont fusé. Jordan Bardella, président du Rassemblement National, a sommé l’exécutif de faire machine arrière, qualifiant cette décision de « coup sévère porté aux travailleurs, en particulier aux jeunes ». Il a réaffirmé l’opposition de son groupe à une mesure qu’il juge « punitives et sans réel impact sur les finances publiques ».

Du côté de La France Insoumise, le ton est tout aussi ferme. Le coordinateur du mouvement, Manuel Bompard, a dénoncé une politique qui « puise dans les ressources des Français en difficulté pour équilibrer des budgets ». Il y voit un motif supplémentaire de renverser le gouvernement, alors que des motions de censure déposées par son groupe et le RN doivent être débattues.

Cette restriction, initialement proposée par des amendements de sénateurs socialistes et centristes, a été reprise par le gouvernement. Ironie de l’histoire, l’un des signataires est Patrick Kanner, qui, en tant que ministre en 2017, avait justement défendu l’élargissement du CPF au financement du permis.

Selon les autorités, l’objectif n’est pas d’économiser de l’argent – le montant du CPF reste inchangé – mais de recentrer son utilisation sur le bilan de compétences et l’accompagnement des transitions professionnelles.

Sur le terrain, la mesure a déclenché une vive opposition. Les professionnels de l’auto-école et des associations d’automobilistes dénoncent une profonde injustice sociale. Ils alertent sur le sort des travailleurs – ouvriers, aides à domicile, employés des zones rurales – qui cotisent au CPF mais se verraient privés d’un droit essentiel pour leur mobilité et leur emploi, dans un pays où la voiture reste souvent indispensable.

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