accueil PolitiqueGabriel Attal lance sa marche vers l’Élysée

Gabriel Attal lance sa marche vers l’Élysée

par Fabien Jannic-Cherbonnel
0 commentaires 2 vues

L’ancien Premier ministre Gabriel Attal est entré dans une phase active de préparation à l’élection présidentielle de 2027. Après une période de retrait consécutive à la dissolution de l’Assemblée nationale, le président de Renaissance et du groupe majoritaire à l’Assemblée semble avoir retrouvé une dynamique.

Une première étape publique de cette ambition se concrétise ce mardi par l’organisation d’un grand événement au Palais Brongniart à Paris. Baptisée « La Nuit de la Nouvelle République », cette soirée de débats réunira intellectuels, économistes et acteurs sociaux autour de thèmes comme la transition écologique ou le rôle de l’État. L’initiative est présentée comme le lancement d’une réflexion de fond, une volonté affichée de renouveler le débat d’idées au sein de sa famille politique.

Le parcours se poursuivra au printemps par la publication d’un premier ouvrage, un exercice désormais classique pour les prétendants à la plus haute fonction. L’ouvrage devrait mêler éléments programmatiques et révélations plus personnelles, notamment sur la nature de ses relations avec Emmanuel Macron.

Sur le fond, les premières propositions esquissées par le plus jeune Premier ministre de la Ve République tracent un sillon marqué par l’autorité de l’État et un recentrage sociétal, avec des mesures concernant le port du voile pour les mineures ou la régulation des réseaux sociaux. Il reprend également à son compte des projets évoqués lors de son passage à Matignon, comme l’élargissement de l’obligation d’activité pour les allocataires du RSA.

Convaincu de jouer un rôle central dans la séquence politique qui s’ouvre, Gabriel Attal multiplie également les déplacements en France et à l’étranger, avec un agenda chargé de visites en Europe, en Afrique et en Amérique du Nord dans les mois à venir.

Son ambition se heurte cependant à de multiples défis. La concurrence sera féroce au sein de la majorité présidentielle, où d’autres figures comme Édouard Philippe ou Gérald Darmanin nourrissent des visées similaires. Surtout, sa stratégie pour séduire un électorat de centre-gauche, après deux quinquennats marqués par des réformes libérales contestées, apparaît comme un pari risqué. La possible candidature de personnalités comme Raphaël Glucksmann ou François Hollande compliquerait encore la tâche.

En interne, des critiques émergent, certains cadres du parti dénonçant une instrumentalisation de Renaissance au service d’une ambition personnelle. L’ancien Premier ministre Dominique de Villepin a récemment exprimé ses réserves, tandis qu’Élisabeth Borne a fustigé une structure devenue selon elle « l’agence de com’ de Gabriel Attal ».

Le chemin vers 2027 s’annonce long et semé d’embûches pour l’ancien chef du gouvernement, qui devra réussir le double exercice de s’émanciper de l’héritage d’Emmanuel Macron tout en conservant l’essentiel de son électorat.

Vous aimerez peut-être aussi