accueil PolitiqueUn géant français de la tech sous le feu des critiques pour son partenariat avec la police américaine des frontières

Un géant français de la tech sous le feu des critiques pour son partenariat avec la police américaine des frontières

par Fabien Jannic-Cherbonnel
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Le ministre de l’Économie, Roland Lescure, a sommé le groupe Capgemini de fournir des explications complètes et transparentes. Cette mise en demeure fait suite à des révélations concernant les activités de la filiale américaine du spécialiste des services informatiques, qui aurait conclu un contrat avec l’ICE, l’agence américaine chargée de l’immigration et des douanes.

Selon des informations rendues publiques, ce contrat porterait sur la fourniture d’un outil technologique destiné à identifier et localiser des personnes. Ces révélations, initialement diffusées par une association de surveillance des multinationales, ont suscité une vive réaction politique. Face aux interrogations soulevées à l’Assemblée nationale, le ministre a fermement indiqué que le simple argument de l’autonomie des filiales ne constituait pas une réponse satisfaisante. Il a exigé que la maison-mère exerce un contrôle et une pleine connaissance des activités menées en son nom, où qu’elles se déroulent.

De son côté, la direction de Capgemini a reconnu, via une communication sur les réseaux sociaux, avoir pris connaissance a posteriori de ce contrat signé en décembre. Le PDG, Aiman Ezzat, a invoqué la structure indépendante de sa filiale américaine, soumise à la législation locale et disposant, selon lui, de réseaux d’information séparés de ceux du siège. Il a assuré que le groupe n’avait pas accès aux détails des contrats classifiés.

Les critiques s’intensifient cependant, notamment en raison des modalités financières du contrat évoquées. Celui-ci inclurait un système de bonus indexé sur les résultats opérationnels, une configuration qui soulève des questions éthiques. Par ailleurs, le site internet de la filiale américaine mentionnerait explicitement une collaboration visant à « réduire les délais et les coûts dans l’expulsion de tous les étrangers illégaux des États-Unis ».

Ce partenariat intervient dans un contexte déjà tendu autour des pratiques de l’ICE, une agence récemment épinglée dans des affaires tragiques ayant coûté la vie à des civils. En réaction, des élus de l’opposition française ont annoncé le dépôt d’une résolution appelant le gouvernement à condamner les violations des droits humains et à demander une enquête internationale sur les agissements de cette police des frontières.

L’affaire place désormais Capgemini, fleuron de l’industrie technologique française, dans une position délicate, l’obligeant à clarifier ses engagements éthiques et le degré de supervision qu’il exerce sur l’ensemble de ses entités à travers le monde.

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