accueil SociétéUne décennie de terreur silencieuse : les présentatrices météo du Québec sous le joug d’un harceleur en série

Une décennie de terreur silencieuse : les présentatrices météo du Québec sous le joug d’un harceleur en série

par Lionel Feuerstein
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Pendant près de dix ans, une ombre malfaisante a plané sur la vie professionnelle et privée de plusieurs visages familiers des écrans québécois. Dix présentatrices météo, employées par différents médias de la province, ont été la cible d’une campagne de harcèlement épistolaire d’une rare violence, orchestrée, selon toute vraisemblance, par un seul et même individu. Malgré des plaintes répétées et l’accumulation de preuves, l’enquête policière piétine, laissant ces femmes dans un état d’angoisse permanent.

Les lettres, rédigées à l’ordinateur, déversent un flot continu d’injures misogynes et de menaces explicites. « Tu joues avec le feu », « Je vais te régler ton compte », peut-on lire dans ces missives, qui vont parfois jusqu’à évoquer des menaces de mort ou d’attentat. « La prochaine fois, c’est une bombe que tu vas recevoir », était-il écrit dans l’une d’elles. Pour ces professionnelles, dont le visage est public, cette persécution a eu des conséquences dévastatrices sur leur quotidien, instillant une peur qui a forcé l’une d’elles à ne plus vouloir rester seule chez elle, une autre à recourir à une escorte pour ses déplacements.

Un élément crucial pourrait pourtant faire avancer l’enquête : si le contenu des lettres est imprimé, les enveloppes, elles, sont systématiquement adressées à la main. Une analyse graphologique, sollicitée par des journalistes d’enquête, a confirmé sans équivoque que cette écriture était celle d’un unique expéditeur. Cette piste tangible contraste avec l’immobilisme dénoncé par les victimes et les médias. Les présentatrices, soutenues par leurs employeurs, ont longtemps ignoré qu’elles n’étaient pas des cibles isolées, une information que la police a tardé à leur communiquer.

Face à la pression médiatique générée par la révélation de cette affaire, les services de police de la Ville de Montréal (SPVM) ont finalement reconnu des « erreurs » dans la gestion du dossier. Ils affirment avoir déployé « de multiples techniques d’enquête », sans parvenir pour l’instant à identifier un suspect. Cette affaire met en lumière le calvaire vécu par des personnalités publiques victimes de harcèlement et soulève des questions pressantes sur l’efficacité des dispositifs destinés à les protéger, alors que le mystérieux expéditeur, lui, reste toujours dans l’ombre.

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