Le paysage de la délinquance en 2025 présente des évolutions divergentes, selon les dernières données officielles. Alors que certains crimes contre les biens reculent, les infractions liées aux drogues et aux escroqueries numériques connaissent une progression préoccupante.
Le trafic de stupéfiants affiche une nette augmentation, avec une hausse de 8% du nombre de personnes mises en cause l’année dernière. Cette tendance s’inscrit dans une croissance exponentielle observée sur le long terme. Plus frappant encore, le nombre de personnes interpellées pour usage simple a presque doublé depuis 2020, atteignant un niveau record. Cette explosion statistique est en partie attribuée à l’instauration d’une procédure de sanction simplifiée, une mesure qui avait suscité des réserves quant aux garanties pour les droits des citoyens.
Parallèlement, les escroqueries et les fraudes aux moyens de paiement progressent également de 8%, une augmentation largement portée par la cybercriminalité. Les violences, qu’elles soient physiques ou sexuelles, continuent leur hausse, bien que le rythme de cette dernière ait légèrement ralenti. Le nombre de victimes de violences sexuelles déclarées aux forces de l’ordre a plus que doublé en une décennie, reflétant une libération progressive de la parole.
En contraste avec ces chiffres à la hausse, plusieurs indicateurs sont au vert. Les vols de véhicules et les cambriolages ont respectivement chuté de 9% et 3% en 2025. Ces baisses confirment un recul structurel entamé il y a plusieurs années, après le rebond post-pandémique. Les homicides, quant à eux, restent à un niveau globalement stable, poursuivant une tendance à la baisse sur trente ans.
Les experts rappellent que ces statistiques, basées sur les procédures enregistrées par les services, doivent être interprétées avec nuance. L’augmentation des chiffres peut traduire une plus grande propension des victimes à porter plainte ou une intensification de l’action policière sur certains terrains, plutôt qu’une explosion réelle des faits. Par exemple, la forte mobilisation des forces de l’ordre lors d’événements majeurs a pu contribuer à l’augmentation des interpellations pour usage de drogues l’année précédente.
Ce bilan contrasté dessine une délinquance en mutation, où les menaces numériques et le narcotrafic gagnent du terrain, tandis que les formes traditionnelles de criminalité contre les biens semblent mieux contenues.