accueil Faits diversLa délinquance en 2025 : une photographie aux contrastes marqués

La délinquance en 2025 : une photographie aux contrastes marqués

par Sylvain Tronchet
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Le paysage de la criminalité en France présente des évolutions divergentes, selon les derniers chiffres officiels publiés ce jeudi. Si certains indicateurs reculent, d’autres connaissent une progression préoccupante, dessinant un bilan en demi-teinte pour l’année écoulée.

La hausse la plus significative concerne les infractions liées aux stupéfiants. Le nombre de personnes mises en cause pour trafic a augmenté de 8% en 2025, une accélération notable par rapport à la moyenne des dernières années. Plus frappant encore, les mises en cause pour simple usage ont presque doublé depuis 2020, atteignant un niveau historique. Les analystes attribuent en partie cette explosion statistique à la généralisation de l’amende forfaitaire délictuelle, une procédure simplifiée mise en place il y a cinq ans. Cette mesure, bien que contestée par certaines institutions pour les risques d’arbitraire qu’elle pourrait comporter, a visiblement conduit à un traitement plus systématique de ces infractions.

Parallèlement, les escroqueries et les fraudes aux moyens de paiement ont également grimpé de 8%, une augmentation largement portée par la cybercriminalité. Les violences, qu’elles soient sexuelles ou physiques, continuent leur progression, respectivement de 8% et 5%. Les experts notent toutefois que la hausse des violences sexuelles déclarées reflète aussi, et peut-être surtout, une libération de la parole des victimes, plus enclines à se tourner vers les forces de l’ordre.

À l’inverse, le spectre des cambriolages et des vols de véhicules s’éloigne. Ces délits ont respectivement baissé de 3% et 9% l’an dernier, confirmant une tendance à la baisse amorcée de longue date, malgré un rebond post-pandémique. Les homicides, quant à eux, restent stables à un niveau historiquement bas, avec environ 980 faits enregistrés.

Les auteurs du rapport rappellent la prudence nécessaire dans l’interprétation de ces statistiques, basées sur les procédures enregistrées par la police et la gendarmerie. Le « chiffre noir » de la délinquance, constitué des faits non portés à la connaissance des autorités, reste substantiel. Par exemple, seules 6% des victimes de violences sexuelles physiques déposeraient plainte. Enfin, une augmentation des chiffres peut parfois signaler une intensification de l’action policière plutôt qu’une dégradation de la situation, comme cela a pu être observé lors d’événements exceptionnels nécessitant un déploiement renforcé des forces de l’ordre.

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