La plateforme aux vidéos courtes n’est plus seulement l’apanage des influenceurs et des défis en tous genres. Elle s’impose désormais comme un canal de communication incontournable pour les personnalités politiques, notamment à l’approche des scrutins locaux. L’enjeu est de taille : toucher un électorat jeune, souvent en décalage avec les médias traditionnels.
L’exemple américain du démocrate Zohran Mamdani, qui a remporté la mairie de New York en menant une campagne agressive sur l’application, a démontré le potentiel de cet outil. En France, à quelques semaines des élections municipales, plusieurs candidats ont fait le choix d’investir massivement ce terrain numérique.
Selon une analyse de la plateforme Visibrain, c’est Sarah Knafo, tête de liste du mouvement Reconquête à Paris, qui génère le plus d’audience cumulée, avec près de 4 millions de vues début janvier. Sa stratégie repose sur une publication très régulière de contenus, souvent polémiques, visant à créer un buzz permanent.
La surprise vient de la seconde place, occupée par Stéphane Lang, candidat de droite à Reims, qui totalise environ un million de vues grâce à une activité quotidienne soutenue. Il devance ainsi Sébastien Delogu, candidat de La France Insoumise à Marseille, qui complète ce podium de l’audience.
Un autre indicateur, le taux d’engagement (likes, commentaires, partages), offre un classement différent. C’est ici Sébastien Delogu qui caracole en tête, avec près de 5 600 interactions moyennes par publication, devant Sarah Knafo. Suivent ensuite Rachida Dati, candidate à Paris, Laure Lavalette du Rassemblement National à Toulon, et François Piquemal, insoumis toulousain.
Ces données révèlent une cartographie politique surprenante. Alors que le RN avait marqué les esprits lors de précédentes élections par sa maîtrise des réseaux sociaux, sa présence est relativement discrète dans cette campagne municipale sur TikTok, avec seulement deux candidats apparaissant dans le top 15 de l’audience. De même, les partis de la majorité présidentielle, Renaissance et Horizons, sont pour l’instant absents des premières places, laissant le champ libre à des figures de l’opposition de tous bords.
Cette bataille du clic et du like illustre une transformation profonde des stratégies de communication politique, où la régularité et la viralité deviennent parfois aussi cruciales que le fond du message.