Un mois après la tragédie qui a coûté la vie à quarante personnes dans un établissement de Crans-Montana, l’enquête bute sur un obstacle majeur : la disparition d’éléments de preuve cruciaux. Les enregistrements vidéo des abords du bar Le Constellation pour la soirée du 31 décembre ont été irrémédiablement effacés, malgré des réquisitions judiciaires répétées.
Les autorités judiciaires suisses avaient pourtant formellement demandé la conservation de ces séquences à trois reprises. La police cantonale a justifié cet effacement par une politique interne limitant la rétention des images à sept jours. Cette décision prive les enquêteurs de témoignages visuels essentiels pour reconstituer les événements ayant précédé le drame, notamment en ce qui concerne les éventuels contrôles à l’entrée de l’établissement.
Les familles des victimes, soutenues par leurs conseils, expriment une profonde indignation. L’un de leurs avocats a dénoncé la destruction de « preuves vivantes », qualifiant cet acte de confiscation de la vérité et soulignant le scandale que cela représente pour les proches des disparus.
L’enquête pénale s’est élargie et vise désormais quatre individus. Outre le couple gérant des lieux, les ancien et actuel responsables de la sécurité incendie de la commune sont dans le collimateur des magistrats. Ils seront prochainement entendus, en particulier sur les questions liées à l’absence de contrôles dans le bar entre 2020 et 2025.
Alors que les blessés physiques et psychologiques tentent de se reconstruire, la quête de responsabilités et de vérité se heurte ainsi à des défaillances opérationnelles qui obscurcissent encore davantage les circonstances de cette nuit fatale.