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La clavelée, une menace fantôme qui plane sur les élevages français

par Lionel Feuerstein
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L’ombre d’une maladie oubliée s’allonge à nouveau sur les prairies françaises. La clavelée, ou variole ovine, un virus hautement contagieux et souvent mortel pour les ovins et les caprins, refait parler d’elle en Europe, suscitant une inquiétude palpable parmi les professionnels de l’élevage.

Cette pathologie, éradiquée du sol français depuis les années 1960, frappe actuellement avec une virulence particulière en Grèce. Les derniers bilans font état de centaines de milliers d’animaux abattus et de nombreuses exploitations contraintes à la fermeture. Un scénario que redoutent les éleveurs hexagonaux, déjà éprouvés par d’autres crises sanitaires récentes.

Le spectre de la contagion est alimenté par la nature même du virus. Transmissible par simple contact, par voie aérienne ou via des insectes, et capable de persister dans l’environnement, il peut décimer jusqu’à 80% des agneaux dans un troupeau contaminé. Les animaux qui survivent en gardent des séquelles lourdes, avec une baisse drastique de leur productivité.

Face à cette menace, les appels à la vigilance et à la préparation se multiplient. Les syndicats agricoles pressent les autorités de constituer sans délai des stocks stratégiques de vaccins, seul moyen prophylactique existant. Ils insistent sur la nécessité d’anticiper, pour éviter de revivre les lourdes conséquences économiques et humaines observées lors de l’arrivée de la fièvre catarrhale ovine.

Les experts sanitaires rappellent, quant à eux, que la vaccination ne saurait être l’unique rempart. La défense repose sur un triptyque indissociable : une prévention rigoureuse, une surveillance accrue du cheptel national et des mesures de biosécurité strictes, notamment sur les mouvements d’animaux. La détection précoce de tout foyer serait cruciale pour enrayer une éventuelle propagation.

Dans un contexte où la filière ovine française, déjà fragile, ne couvre que 60% de la consommation nationale, l’introduction de la clavelée serait un coup de grâce. La leçon des crises passées est claire : la santé du bétail, affaire collective par excellence, dépend d’une mobilisation sans faille de tous les acteurs, des éleveurs aux vétérinaires, pour garder cette menace aux portes du territoire.

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